Le Progrès l’a annoncé il y a déjà plusieurs années. En 2023, la municipalité de Saint-Priest a acheté pour un peu plus d’un million d’euros deux maisons mitoyennes de l’avenue Jean-Jaurès. Et ce, pour éviter que ces deux biens de 200 m² agrémentés de terrains de 500 m², ne tombent entre les mains de promoteurs.
Le sujet avait été abordé en conseil municipal. Il était question d’intégrer ces mètres carrés à la réhabilitation de l’école Jean-Jaurès située à proximité et de créer un parking. Pas de quoi convaincre l’élu d’opposition Gilles Grandval (Place publique). Mais, à l’époque, le maire Gilles Gascon (LR) restait prudent en assurant qu’aucun projet n’était arrêté.
L’année suivante, le sujet faisait son retour au conseil municipal. La Ville annonçait que l’une des maisons était mise à disposition de la compagnie Käfig, en résidence au Théâtre Théo-d’Argence. L’autre était louée par l’ancien directeur de cabinet Guillaume De Cock. À « un prix très raisonnable », insistait l’opposition. Ce à quoi le maire répondait : « Une agence a fixé le loyer à 950 euros, nous l’avons augmenté à 980 euros. » Gilles Gascon affirmait également qu’un projet ne serait pas étudié avant 2027.
« Gilles Gascon sembler réserver les loyers “encadrés” à ses proches »
D’après nos confrères de Médiacités , ce loyer de 980 euros par mois hors charges est « bien en deçà du loyer médian observé dans la commune ». Loyer médian qui, selon L’Observatoire des loyers , se situe aux alentours de 11 euros le m².
Mercredi 14 janvier, le vice-président de la Métropole de Lyon Renaud Payre (Les Écologistes) réagit : « À Saint-Priest, un logement public de près de 190 m² est loué à environ la moitié du loyer médian constaté dans la commune, sans transparence sur les critères d’attribution. […] Pendant que de nombreux habitants peinent à se loger dignement, la municipalité de Gilles Gascon semble réserver les loyers “encadrés” à ses proches. »
« La Ville agit dans le respect du droit »
Sollicitée par Le Progrès, la Ville affirme qu’il s’agit d’une « saine gestion des deniers publics que de ne pas laisser cette maison fermée ». Elle réfute également un « prix d’ami » et précise que « la vétusté du bien, sa configuration, son niveau de prestations et sa performance énergétique » expliquent « un loyer inférieur à la médiane brute observée sur la commune ». Elle rappelle également que « l’ancien occupant du logement acquittait un loyer de 900 euros par mois » et « n’était autre qu’un élu socialiste de la commune ».
« La Ville de Saint-Priest agit dans le respect du droit, des règles de gestion du domaine privé communal et de l’intérêt général. Elle n’a jamais pratiqué et ne pratique pas de politique de faveur », conclut-elle.