Un enseignant-chercheur bordelais a été mis en examen mi-décembre, apprend-on ce mercredi, pour des soupçons d’ingérence dans les intérêts de la Chine.
Un enseignant-chercheur à l’Institut d’ingénierie et de mécanique de Talence a été mis en examen mi-décembre, à cause de soupçons d’ingérence dans les intérêts de la Chine, apprend-on ce mercredi du parquet de Paris. Le professeur est mis en examen notamment pour livraison d’information à une puissance étrangère, car il est soupçonné d’avoir fait pénétrer des membres d’une délégation chinoise dans des zones sensibles.
Un laboratoire sous haute surveillance
Ce professeur de mathématiques travaille dans un laboratoire du campus de Talence très sécurisé, classé zone à régime restrictif (ZRR). Pour entrer, les identités sont contrôlées.
Or, ce professeur est soupçonné d’avoir « fait pénétrer des membres d’une délégation chinoise à des zones interdites, dont la sensibilité avait été mentionnée comme très importante », indique le parquet de Paris. Après un signalement, une enquête est ouverte en janvier 2024 et le professeur est interrogé en début d’année 2025.
Son matériel est perquisitionné, et ce qu’y retrouvent les enquêteurs lui vaut d’être mis en examen en décembre 2025 notamment pour livraison d’information à une puissance étrangère, infraction pour laquelle il encourt 15 ans de réclusion et plus de 200.000 euros d’amende.
« Des réserves » sur les faits évoqués
L’homme est aussi mis en examen pour intelligence avec une puissance étrangère et complicité d’intrusion dans un local intéressant la défense nationale.
Par la voix de son avocat, il dit émettre « des réserves sur les faits qui sont évoqués », mais ne souhaite pas s’exprimer avant d’avoir donné ses explications au juge d’instruction.
Le professeur a été laissé libre, sous contrôle judiciaire, mais n’a plus accès à son laboratoire. L’Université de Bordeaux, contactée par ICI Gironde, n’a pas souhaité faire de commentaire.
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