Au vu de ses faibles garanties de représentation devant la justice, l’individu a été placé en détention provisoire dans l’intervalle.

Photo d’illustration. Gilles Bader

Fut un temps où prétendants enamourés et marraines de guerre parfumaient leur missive avant de la confier au facteur le cœur battant. Lundi après-midi 12 janvier dernier au bureau de poste de la Joliette (2e), ce ne sont pas des effluves d’eau de Cologne qui ont alerté les employés, mais plutôt un parfum-signature capiteux et très reconnaissable s’exhalant assez fortement des nombreux courriers qu’un usager souhaitait expédier au plus vite.

Au guichet, le jeune homme semblait pourtant bien parti pour inverser la tendance et faire mentir les chiffres selon lesquels les SMS ont démodé lettres et cartes postales au point que la distribution de courriers a chuté ces dernières années, passant de 50% de son activité en 2010 à 15% aujourd’hui…

Une fragrance aussi entêtante qu’identifiable

Avec sept courriers à envoyer à sept destinataires différents, il aurait même pu décrocher le titre d’usager du mois, si ce n’était la fragrance aussi entêtante qu’identifiable s’échappant des enveloppes : celle des sommités florales et des feuilles séchées du cannabis.

Sans doute le jeune homme de 23 ans n’avait-il jamais lu, ni même entendu parler de Béatrix, l’ouvrage de Balzac dans lequel le parfum d’une lettre est perçu comme assez nocif pour gâter le lait maternel d’une femme trompée…

Toujours est-il qu’alertés par l’odeur, les employés de poste se sont empressés d’alerter les forces de l’ordre, lesquelles ont aussitôt déboulé dans l’agence du boulevard de Dunkerque.

Interpellé par les effectifs de la division Centre, le mis en cause a été ramené dans les locaux de la division Centre où l’examen du contenu des enveloppes et une balance de précision ont révélé leur contenu global : 500 grammes d’herbe de cannabis.

Le bureau de poste menacé moins de 2 heures plus tard

Une saisie qui a sans doute déplu à des complices, puisque moins de deux heures après l’intervention de la police boulevard de Dunkerque, des individus revenaient à l’agence postale pour menacer son directeur avant de détaler.

Quant à l’individu aux 7 missives, dont l’identité reste sujette à caution, il a été placé en garde à vue. Il devrait être jugé en comparution immédiate ce jeudi 15 janvier devant le tribunal judiciaire de Marseille. Au vu de ses faibles garanties de représentation devant la justice, il a été placé en détention provisoire dans l’intervalle.

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