Ces derniers jours, le ciel n’a clairement pas fait de cadeau.
Après deux épisodes de neige qui ont ralenti le pays, la
tempête Goretti a enfoncé le clou avec des rafales
dépassant les 200 kilomètres heure. Toitures arrachées, arbres au
sol et coupures d’électricité ont laissé des traces visibles,
encore bien présentes une semaine plus tard. Autant dire que le
territoire n’a pas eu le temps de souffler.
Cependant, la vigilance reste de mise. Un nouveau coup de vent
s’annonce, moins spectaculaire mais suffisamment soutenu pour
appeler à la prudence. Météo France place ainsi le Calvados et la
Manche en vigilance jaune de 11 heures à 22 heures
ce jeudi, avec pluie et rafales attendues. Selon Météo Basse
Normandie, « les rafales pourraient atteindre les 100km/h sur
le Cotentin, jusqu »à 90km/h sur le reste des côtes Normandes et
entre 60 et 70km/h dans les terres ».
Le froid n’a pas dit son dernier mot
Une vague de froid extrême continue de frapper une partie de
l’Europe et le spectacle donne le ton. En Scandinavie et en
Sibérie, les températures plongent à des niveaux impressionnants,
qualifiés par la Chaîne Météo comme « l’un des épisodes les
plus intenses de ces dernières années ». La Laponie
finlandaise a enregistré jusqu’à -42,8°C, Stockholm affiche
des minimales proches de -20°C et la Sibérie subit
des anomalies « de 10 à 20°C en dessous des normes ».
Autant dire que l’hiver montre encore les muscles.
Par conséquent, la relative accalmie observée en France ne doit
pas tromper. Malgré des températures plus supportables ces derniers
jours et l’espoir d’un répit durable, un froid polaire reste
attendu d’ici la fin du mois. Après une semaine marquée par
des gelées persistantes, beaucoup espéraient
tourner la page. Pourtant, l’hiver n’a clairement pas rendu les
armes et la doudoune peut rester à portée de main.
La France sous la menace du Moscou-Paris
Le scénario d’un refroidissement marqué reste sur la table, même
si rien n’est encore acté. Pour que ce froid polaire atteigne
l’Hexagone, « il faut un blocage anticyclonique vers la
Scandinavie ouvrant la voie à une advection continentale d’est à
nord est (type Moscou Paris) ». Tout dépend donc de la
position précise de ce blocage atmosphérique, un détail technique
qui change tout. Dans le langage des météorologues,
l’expression « Moscou Paris » décrit l’arrivée d’air sec
et glacial en provenance de Russie, poussé vers l’ouest par
l’anticyclone sibérien.
Par ailleurs, ce phénomène n’a rien d’exceptionnel. Il revient
en moyenne tous les trois à quatre ans et concerne souvent une
large partie de l’Europe occidentale. Ces épisodes ont déjà
provoqué des records de froid en France, même si, d’un
point de vue climatique, ces températures restent cohérentes avec
la saison. Les moyennes observées en janvier sur les cinquante
dernières années montrent d’ailleurs que des vagues encore plus
sévères se sont déjà produites. Autrement dit, l’hiver joue son
rôle, parfois avec un peu trop d’enthousiasme.
La vigilance est de mise
Pour l’instant, le temps offre un répit appréciable. Les
températures actuelles dépassent les normales de saison en journée
et ce redoux se distingue par sa durée et son homogénéité. Rien
d’extraordinaire en soi, mais suffisamment rare pour mériter d’en
profiter pleinement. C’est donc le bon moment pour savourer
cette parenthèse plus douce, sans arrière pensée, tout en
gardant un œil sur l’évolution du ciel.
Cependant, le scénario d’un épisode glacé reste crédible et
mérite une attention particulière. Les prochains jours permettront
d’affiner les prévisions et de confirmer, ou non, son arrivée et
son intensité. Inutile pour autant de s’alarmer ou de tirer des
plans sur la comète. Mieux vaut simplement rester prévoyant et
garder bonnet, gants et écharpe à portée de main, au cas où
l’hiver déciderait de reprendre la parole.