Le 15 janvier 2024, le cyclone Bélal frappait La Réunion, laissant derrière lui d’énormes dégâts. En février 2025, c’est Garance qui frappait de plein fouet l’île. Les stigmates de son passage sont encore visibles, notamment dans l’Est de La Réunion.
La saison cyclonique 2025-2026 a débuté de façon précoce dans le bassin Océan Indien avec 5 systèmes baptisés depuis août. Depuis le 10 janvier, c’est Dudzai qui intéresse le bassin océan Indien.
Le système suit, pour le moment, une trajectoire type. La climatologie des phénomènes cycloniques dans le bassin fait que la zone de formation privilégiée est plutôt au Nord-Nord-Est des Mascareignes. Puis, ces météores suivent généralement un déplacement Ouest-Sud-ouest avant un recourbement vers le Sud et enfin une évacuation vers la zone australe.
Des modèles issus de l’IA
Afin de proposer à la population des prévisions au plus juste, les spécialistes de Météo France se basent, en premier lieu, sur des images satellites. Elles offrent une vue verticale du phénomène permettant de voir la configuration nuageuse du système, notamment l’œil du cyclone. Grâce à ces données, les prévisionnistes peuvent estimer l’intensité du phénomène, comme la force des vents déterminée par l’état de la mer par exemple.
Puis, ils utilisent des modèles numériques pour évaluer des prévisions de trajectoire. En pratique, les prévisionnistes utilisent entre 5 et 10 modèles de prévision. Ils les superposent, puis établissent un consensus pour définir une trajectoire au plus près.
« On essaye de se baser sur des modèles d’IA qui font de très bons scores par rapport aux modèles traditionnels. On accorde plus de poids aux modèles d’IA depuis quelques années pour effectuer nos prévisions. »
Quoc-Phi Duong · ©Prévisionniste Météo France Océan Indien
Parmi les modèles d’Intelligence Artificielle utilisés à La Réunion, il y a le modèle IA de prévision de Google.
Pour les cyclones Garance et Bélal, Quoc-Phi Duong, prévisionniste à Météo France, admet qu’ils ont été surpris par l’intensité des phénomènes, mais il estime qu’ils ont été bons en termes de trajectoire.
Météo France ne fait pas de prévisions au-delà de 5 jours, car pour les spécialistes, la fiabilité n’est pas assez bonne ensuite. Le cône de prévision, c’est le domaine des possibles indique Sébastien Langlade, chef prévisionniste à Météo France Océan Indien. Il y a, selon lui, 3 chances sur 4 que le météore aille dans cette enveloppe des possibles dans les quatre à cinq jours. Ces possibilités concernent essentiellement la position de l’œil du cyclone. Elles ne prennent pas en compte l’extension des vents forts et des fortes pluies que le météore emmène dans son sillage.
Météo France Océan Indien : un centre de référence
Le centre de La Réunion est une référence en termes de cyclones, ce qui n’existe nulle part ailleurs au sein de Météo France. Comme l’explique Sébastien Langlade, chef prévisionniste à Météo France Océan Indien, les prévisionnistes ont développé une expertise poussée depuis 30 ans, à La Réunion, concernant les cyclones. Des données qui peuvent être récupérées et utilisées par d’autres départements et territoires d’Outre-mer, notamment la Nouvelle-Calédonie et Tahiti.
Le centre météorologique régional spécialisé pour le Sud-Ouest de l’océan Indien dispense également des formations. En lien avec les autres centres mondiaux, comme Miami, Tokyo ou encore Melbourne, ils permettent d’avoir une analyse qualitative des cyclogenèses qui peut être partagée avec des pays qui ont peu de moyens, mais également soumis aux cyclones, comme Haïti par exemple.
A titre comparatif, le bassin Océan Indien est mieux loti que d’autres régions. Sur une saison cyclonique, il y a environ 10 météores qui se forment ici, contre 26 dans la zone Ouest Pacifique Nord (Taïwan, Les Philippines, Le Japon ou encore La Corée du Sud.) Il s’agit du bassin cyclonique le plus actif du monde.