Les autorités iraniennes souhaitent échanger cette traductrice, arrêtée en France en février 2025, contre Cécile Kohler, 41 ans, et Jacques Paris, 72 ans, retenus à Téhéran depuis plus de trois ans.

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Publié le 14/01/2026 14:46

Temps de lecture : 4min

Mahdieh Esfandiari à son arrivée au tribunal de Paris pour son procès pour apologie du terrorisme, le 13 janvier 2026. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

Mahdieh Esfandiari à son arrivée au tribunal de Paris pour son procès pour apologie du terrorisme, le 13 janvier 2026. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

Au premier jour de son procès, mardi 13 janvier, l’Iranienne Mahdieh Esfandiari a répété son soutien aux massacres perpétrés par le Hamas en Israël le 7 octobre 2023. Jugée à Paris pour apologie du terrorisme et provocation directe en ligne à un acte de terrorisme, elle comparait jusqu’à vendredi et risque jusqu’à sept ans d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende. Le procès, qui intervient en plein mouvement de protestation en Iran durement réprimé, est scruté de près par les autorités iraniennes, qui souhaitent échanger leur ressortissante contre Jacques Paris et Cécile Kohler, toujours retenus en Iran.

L’Iranienne de 39 ans, installée en France depuis 2018, est poursuivie aux côtés de quatre autres prévenus pour des publications datant de 2023 et 2024 publiées sur les plateformes Telegram, X, Twitch et YouTube et le site Egalité et réconciliation de l’essayiste d’extrême droite multicondamné Alain Soral, qui figure parmi les prévenus. Il lui est notamment reproché d’avoir qualifié l’assaut terroriste, qui a fait près de 1 200 morts en Israël, d' »attaque qui fait le bonheur de milliards de gens dans le monde… ». Ou encore des remerciements adressés à « ceux qui ont soutenu la Résistance (…) Et à leur tête, la république islamique d’Iran ».

Les juges d’instruction estiment aussi qu’elle a occupé une place « place centrale dans l’organisation ‘Axe de la Résistance' », du nom d’une chaîne Telegram qui avait fait l’objet d’un signalement du ministre de l’Intérieur le 30 octobre 2023. Mahdieh Esfandiari a reconnu mardi être à l’origine de la création de cette chaîne, mais conteste être l’autrice des publications qui lui sont attribuées.

Pendant son audition, celle qui a déjà passé huit mois en détention provisoire a aussi fustigé « la colonisation » et « la guerre menée par les Etats-Unis ou son allié Israël ». Elle a aussi dénoncé le sort des Palestiniens avant les massacres du 7-Octobre, certifiant que l’attaque n’était « pas un acte de terrorisme » mais « un acte de résistance ». « Il y a eu des enfants tués, des femmes tuées, des prises d’otages du côté palestinien et le 7-Octobre, c’était une réponse logique », a t-elle poursuivi.

Les autorités iraniennes souhaitent échanger Mahdieh Esfandiari, arrêtée en France en février 2025, contre Cécile Kohler, 41 ans, et Jacques Paris, 72 ans, incarcérés en Iran en mai 2022. Condamnés à vingt et dix-sept ans de prison, notamment pour espionnage au profit d’Israël, puis libérés début novembre 2025 avec interdiction de quitter le pays, les deux Français restent pour l’heure bloqués à l’ambassade de France à Téhéran.

« Cet échange entre nous et la France a été négocié. Il y a eu un accord et en effet, nous attendons que toute la procédure juridique et judiciaire se fasse dans les deux pays », avait déclaré le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, fin novembre. La diplomatie française a pour sa part refusé de commenter une procédure judiciaire « en cours ». Devant l’Assemblée nationale, le Premier ministre Sébastien Lecornu a d’ailleurs justifié mardi la prudence de la France sur la contestation en Iran, critiquée par le fils de l’ancien chah et d’une partie de la classe politique française, par la situation « plus que fragile et préoccupante » des deux Français.