Les virus hivernaux et la grève des médecins libéraux ont conduit à une saturation des urgences à l’hôpital Édouard-Herriot de Lyon, où il faut près de deux heures pour être enregistré.
Les soignants de l’hôpital Édouard-Herriot (HEH) font face à une très forte affluence ces derniers jours. Une fréquentation exceptionnelle, liée à la circulation de nombreux virus hivernaux et à la grève des médecins libéraux, qui a poussé les professionnels de santé à tirer la sonnette d’alarme. «Le temps d’attente pour être simplement enregistré est passé de 5 minutes à 2 heures. La situation est très tendue et certains de nos collègues sont inquiets de la perte de chance de certains patients, notamment les personnes âgées. 2 heures quand on a une suspicion d’AVC ou de problème cardiaque, ça peut être dramatique», déplore Chaïba Janssen, délégué du personnel du syndicat FA-FPH et infirmière.
Selon plusieurs soignants, le nombre de patients accueillis chaque jour atteint des records avec plus de 250 passages quotidiens. Aussi, les syndicats appellent à déclencher le Plan blanc pour faire face à l’encombrement des urgences en augmentant le nombre de soignants.
Pas de plan blanc mais une réorganisation pour les HCL
Contactés, les Hospices civils de Lyon (HCL) indiquent qu’en moyenne, «477 patients par jour ont été accueillis sur l’ensemble des services d’urgences adultes des HCL sur la période du 1er au 12 janvier 2026, soit une augmentation de +13% par rapport à l’an dernier, sur la même période.» Les urgences de l’hôpital Édouard-Herriot et de la Croix-Rousse ont en effet été les plus impactées (+12% et +21% respectivement). Le centre d’appels du SAMU connaît également une activité élevée, mais similaire aux chiffres 2025 sur cette même période, en lien avec les épidémies hivernales.
Si l’activation du plan blanc n’est pas d’actualité, les hôpitaux lyonnais indiquent avoir «adapté leur organisation» en «renforçant les effectifs des services d’urgences» et en «mobilisant l’ensemble des services hospitaliers pour prioriser la fluidification des prises en charge aux urgences dans l’organisation des activités, notamment en chirurgie orthopédique et en imagerie médicale». «Les HCL privilégient ces mesures concrètes et opérationnelles de soutien aux équipes des services d’urgences au déclenchement d’un plan blanc qui impacterait la prise en charge des patients programmés», indiquent les HCL.
Des points réguliers sont réalisés avec l’ARS et les acteurs de terrain «pour optimiser la coordination entre établissements de santé, éviter la saturation des services d’urgences et s’assurer que les médecins libéraux assurant habituellement une activité relevant de la permanence de soins», concluent-ils.
Insuffisant pour rassurer les syndicats qui indiquent que «le plan blanc a été déclenché dans les CHU de Grenoble et Toulouse», pour faire face à la demande croissante, notamment aux urgences.