Moins de deux mois après son inauguration, le poste de police de proximité de Saint-Jérôme (13e) est plébiscité par les habitants. La présence policière rassure commerçants et riverains malgré la faible amplitude horaire. Benoit Payan souhaite une structure similaire dans chaque arrondissement.

C’est un local de 100 mètres carrés dans lequel on entre par une lourde porte. Le poste de police de proximité, inauguré le 28 novembre dernier au 77 de l’avenue Saint-Jérôme, compte 12 policiers. Leur territoire s’étend sur 40 kilomètres carrés et couvre 160 mille habitants. Et depuis qu’ils sillonnent les 13e et 14e arrondissements, les citoyens retrouvent « presque une vie normale. Le stationnement est beaucoup moins anarchique » remarque Nicolas, riverain du poste de police. Chez la coiffeuse, située en face, on se sent également plus rassuré : « on voit beaucoup plus de policiers dans le quartier. Leur seule présence rassure ».

On ne se gare pas en double file pour aller chercher ses cigarettes, même pour deux minutes

C’est le brigadier-chef Christophe Maache qui est aux commandes, et pour lui l’atout premier de cette antenne, c’est la proximité : « on fait de l’ilotage, à pied ou en voiture. On recueille les doléances des habitants et on essaie d’y répondre. Cela va du stationnement gênant au tapage nocturne en passant par les jeunes qui squattent une cage d’escaliers ou le chien qui aboie. On donne aussi beaucoup de conseils. Notre mission, c’est d’être au plus près des habitants. On remet de l’ordre également. On ne se gare pas en double file pour aller chercher ses cigarettes, même pour deux minutes ».

Pour le brigadier-chef, les missions de la police municipale sont indispensables dans ces quartiers situés loin du centre-ville : « si on nous signale une voiture abandonnée sur une place de parking il faut essayer de traiter le problème. Un véhicule qui est là depuis un ou deux mois crée une gêne, il peut être dégradé, on va voler des pièces dessus, il peut servir de squat pour des jeunes qui viendraient la nuit y consommer des produits illicites. Cela crée un sentiment d’insécurité. Si on enlève le véhicule, mine de rien, ça fait beaucoup pour les habitants ».

illustration agrandir l'image 12 policiers municipaux sont affectés pour l’instant au poste de police de proximité de Saint-Jérôme © Radio France – Fabien LE DU « Le week-end on a l’impression qu’on nous abandonne » : une amplitude horaire trop limitée pour les habitants

Dans le quartier Saint-Jérôme beaucoup estiment que la vie a retrouvé un semblant de normalité mais les habitants regrettent les horaires d’ouverture de ce poste de proximité, ouvert du lundi au vendredi de 8H30 à 18H30 et fermé tous les week-end : « On sent l’ambiance qui change dans le quartier quand le poste est fermé. On revoit les jeunes qui s’attroupent sur la place de l’église, les voitures mal garées, les deux roues qui font du vacarme. Il faudrait que cela reste ouvert jusqu’à 20H au moins. Je ne sors plus de chez moi après 19H » raconte Céline. A Saint-Jérôme comme dans les quartiers avoisinant, on voudrait encore plus de présence policière : « on est peut-être gourmands mais le week-end on a l’impression qu’on nous abandonne. Ca fait long du vendredi soir au lundi matin » explique Josette, retraitée avenue de Saint-Jérôme.

Autre souci pour les habitants, on ne peut pas déposer plainte dans cette antenne de la police municipale : « Nous sommes des relais de la police nationale. On a un pouvoir de constatation. On peut traiter les interventions, mais en cas d’interpellation nous nous en remettons aux policiers nationaux. Nous n’avons pas de pouvoir d’enquête, c’est pourquoi nous ne prenons pas les plaintes » explique Christophe Maache. Les habitants du secteur doivent aller, pour cela, à 3 kilomètres, au Merlan.

illustration agrandir l'image Les policier municipaux de Saint-Jérôme patrouillent dans le 13e et 14e arrondissements de Marseille © Radio France – Fabien LE DU