Le développeur allemand RWE a raflé près de 7 GW à lui seul, lors de ce septième round d’attribution de contrats pour différence record pour l’éolien en mer.

C’est un bond en avant pour l’éolien en mer britannique. Le septième round d’attribution (AR7) de contrats pour différence a permis d’attribuer, le 14 janvier, 8.44 GW de capacité éolienne en mer qui pourront alimenter 12 millions de foyers. Il s’agit de la plus importante commande publique d’énergie éolienne en mer au Royaume-Uni et en Europe, d’après le gouvernement britannique. Au total, ces parcs devraient représenter un investissement privé de 22 milliards de livres sterling (plus de 25 milliards d’euros).

RWE a remporté, à lui seul, des contrats pour une capacité totale de 6.9 GW, pour des parcs éoliens situés en Angleterre, au large des côtes du Yorkshire, à Dogger Bank (associé à Masdar, à Dogger Bank South East, de 1.5 GW, et Dogger Bank South West, de 1.5 GW), qui devraient entrer en service en 2030/31, ainsi qu’au large de l’Est Anglie, à Norfolk East et West (associé à KKR, pour une capacité totale de 3090 MW, prévus pour 2028/29), mais aussi au Pays de Galles (associé à Stadtwerke München et Siemens Energy pour Awel y Môr, 775 MW, 2030/31). Le prix convenu (ou strike price) pour ces parcs éoliens posés est de 91.2 livres par MWh (prix 2024 indexé sur l’inflation), soit environ 105.3 euros par MWh.

Seul le britannique SSE Renewables a remporté les enchères pour un grand parc posé, situé au large des côtes écossaises de la mer du Nord, pour la phase B du parc Berwick Bank (1380 MW). Cette fois, le prix convenu est de 89.49 livres par MWh, soit environ 103.3 euros par MWh. Il s’agit de la première phase d’un projet géant de 4.1 GW.

Deux petits parcs éoliens flottants ont également été attribués à un prix de 216.49 livres par MWh, soit près de 250 euros par MWh, aux sociétés Blue Gem Wind Limited (Simply Blue et TotalEnergies), pour le parc Erebus de 100 MW en mer Celtique, et Highland Wind Limited (détenu par un fonds géré majoritairement par CIP, en partenariat avec GB Energy, le National Wealth Fund, la Scottish National Investment Bank et Hexicon AB) pour le parc Pentland Floating Offshore Wind Farm, de 92.5 MW, en mer du Nord. Ces parcs devraient voir le jour à horizon 2029-2030.

Si les prix sont plus élevés que lors de rounds précédents, le gouvernement souligne que l’éolien en mer reste moins coûteux à construire et exploiter que la production d’électricité à partir du gaz. Le secrétaire à l’Énergie, Ed Miliband, a déclaré que « le prix obtenu lors de cette enchère est inférieur de 40 % au coût de construction et d’exploitation d’une nouvelle centrale à gaz ». Il s’est félicité que la Grande Bretagne reprenne « le contrôle de sa souveraineté énergétique », « en contrôlant sa propre énergie plutôt que de dépendre des marchés contrôlés par les États pétroliers et les dictateurs ».

Le Royaume-Uni a pour ambition d’atteindre entre 43 et 50 GW d’éolien en mer d’ici 2030. Il dispose d’une capacité installée dépassant les 16 GW actuellement. Les projections prévoient pour le moment qu’il atteigne 32.2 GW entièrement mis en service d’ici 2030.

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