Publié : 7h15 – Modifié : 7h20 Yann LAUNAY
Le nouveau préfet de Bretagne en fait une de ses priorités : la lutte contre le trafic de stupéfiants doit s’intensifier, pour Franck Robine. Un contrôle des Douanes avait lieu hier matin (mercredi) sur l’aire Armor-Argoat, à Saint-Gilles en Ille-et-Vilaine, au bord de la RN 12 Rennes – Saint-Brieuc.
Des motards et une voiture banalisée extraient des véhicules suspects du flot de la circulation, pour les conduire sur l’aire, où plusieurs douaniers procèdent au contrôle. La maître-chien Marion et ses collègues se sont tout particulièrement intéressés à une voiture transportée sur le plateau d’une dépanneuse :
Marion : « Je fais sortir un peu d’air de la roue de secours, pour voir la réaction du chien. Négatif. Le chien s’est intéressé au plateau. Après il a cherché à aller sous la voiture. Je l’ai fait monté dans la voiture, et il a commencé à gratter la banquette arrière. C’est signe qu’il y a ou qu’il y a eu du stupéfiant. Même si les produits ont été là il y a quelques semaines, ils peuvent détecter des produits plusieurs semaines après. »
Vincent : « On a fait des saisies de stupéfiants ici, notamment une grosse saisie d’héroïne, qui alimentait toute la Bretagne. C’était dans un véhicule break, un matin, et c’était une grosse quantité, à peine cachée sous une couverture. »
Marion et VincentMarion et Vincent
Crédit : Yann Launay
Les douaniers ciblent les véhicules suspects, qu’ils soient poids lourds ou véhicules légers. Ils peuvent compter sur l’aide de labradors entraînés à détecter de la drogue, des armes mais aussi des billets de banque. D’ailleurs pour le préfet de Bretagne Franck Robine, La recherche d’argent par les douaniers est un outil précieux contre les trafiquants :
« Le fait de pouvoir saisir les sommes qui ne peuvent être justifiées, ça permet de leur taper là où ça fait mal, c’est à dire au portefeuille… Le mécanisme est simple : l’individu ne peut pas justifier de la somme, les douaniers saisissent, ça déclenche une enquête, qui souvent est fructueuse. Si par hasard est ne l’est pas, on est tenu de rendre l’argent, mais l’expérience prouve que quand vous tombez sur un trafiquant avec de l’argent, très fréquemment l’enquête va montrer qu’il s’agit de blanchiment d’une activité illégale. »
Franck Robine, préfet de Bretagne Franck RobineFranck Robine, préfet de Bretagne Franck Robine
Contrôle de Douanes
Crédit : Yann Launay
150 kg de drogues en tous genres, 750 kgs de tabac de contrebande : c’est ce que les douanes de Bretagne ont intercepté, en 2025, dans des véhicules. Le préfet de région, Franck Robine, salue ce bilan et compte sur les douanes pour maintenir la pression sur les trafiquants. Reste que la tâche des douaniers ne s’est pas vraiment simplifiée, ces dernières années. Vincent est douanier depuis 25 ans, et il ne le cache pas : le travail est à la fois de plus en plus compliqué, et de plus en plus dangereux :
« Les dispositifs pour passer les stupéfiants sont beaucoup plus élaborés qu’à une certaine époque, où les gens allaient au petit bonheur la chance, ils tombaient sur des douaniers, ils avaient perdu. Là, il y a quand même des recherche sur Waze : est-ce qu’il y a des douaniers ? Nous, ça nous oblige à créer des dispositifs beaucoup plus profonds, pour voir la voiture leurre, et derrière la voiture qui porte du tabac ou autre chose, ça nous oblige à avoir des équipes beaucoup plus importantes. Sur les opérations de nuit, aux péages notamment, les refus d’obtempérer se multiplient, les personnes qui sont chargées notamment de stupéfiants, ne vont pas hésiter à fuir le contrôle. Avant il y a avait une hésitation, là il n’y a plus d’hésitation à forcer le contrôle. »
Vincent, DouanierVincent, Douanier