Hier soir au Palais Neptune, une heure avant l’ouverture des portes, la place Besagne était déjà bien garnie. Les gens étaient là calmement, à attendre qu’enfin leur idole donne l’ordre d’ouvrir les portes.
Au milieu de cette foule joyeuse, il en est un qui nous montra qu’il avait d’autres lettres que les trois qui forment le mot sot, en récitant la tirade de Rodrigue à Don Fernand dans le Cid, tirade arrangée à la façon Toulonnaise.
« Nous partîmes cinq cents, mais par un prompt renfort Nous nous vîmes 51% en arrivant à la mairie sur le port ». Il y avait quelque chose de bon enfant.

En fait, ils étaient plus de 1 500 hier soir, venus pour écouter le premier discours de campagne de Madame Laure Lavalette et ils n’ont pas été déçus, la candidate sait parler à la foule, encore plus facilement quand cette dernière lui est acquise.

Elle commença son discours par appeler les quartiers de Toulon : La Rode où elle s’est mariée, La Loubière, Saint-Jean-du-Var, Le Pont du Las, Saint-Roch, Le Cap Brun, Le Mont Faron / La Serinette, Le Centre-ville, Le Pont de Suve / Les Routes, La Serinette / La Mitre preuve qu’en 28 ans de présence amoureuse dans la ville préfecture Laure Lavalette a eu le temps d’apprendre à les connaitre, à les visiter. Elle va même le faire encore et encore dans les 60 prochains jours, pour rencontrer les gens, pour taper aux portes, pour boire une limonade.
Preuve qu’on peut venir de l’essstranger ou être née à Talence (personne n’est parfait) et se sentir à l’aise, intégrée dans la ville de Raimu.

Ensuite, elle a présenté son XV de cœur. À un jet de pierre du stade Mayol, le clin était un peu facile mais, dans les 20 dernières années les Toulonnais s’y sont habitués. C’était la spécialité de Falco … même ça, elle lui aura chapardé.
Frédéric de Toulon, Robin de Toulon, Julie de l’Escaillon, David du Mourillon, Jamila du cours Lafaillite…etc, etc
Pas un, pas une n’habite Shengen ou Tamanrasset. Nous sommes là dans un XV chimiquement pur. Tous habitent dans la ville convoitée, enfin presque tous. Ne revenons pas sur les choses qui fâchent et qui pourraient mettre cette candidate en danger. D’autant qu’il se dit qu’elle a un fichu caractère, peut-être même qu’elle pourrait distribuer des taloches à ceux qui le méritent. Enfin, c’est ce qui se dit.

Pour lancer sa campagne qu’elle veut digne et respectueuse, Laure Lavalette a mis le doigt là où ça fait mal. Le cadre de vie dégradé, certains quartiers abandonnés, la hausse des impôts, l’insécurité, la voirie fatiguée, le BHNS toujours pas sur les rails, en nous évitant le clin d’œil au tramway nommé désir d’Élia Kazan. Mais il est vrai qu’elle est née 5 ans après le film.
Les spectateurs Toulonnais étaient aux anges, la campagne était lancée et bien lancée.
La Rode, La Loubière, Saint-Jean-du-Var, Le Pont du Las, Saint-Roch, Le Cap Brun, Le Mont Faron / La Serinette, Le Centre-ville, Le Pont de Suve / Les Routes, La Serinette / La Mitre … Nous voilà !

Mais, vous vous y attendiez… il y a un mais, ce n’est pas la testostérone d’une campagne qui est gênante, il en faut. Ce n’est pas non plus cette avalanche de promesses, chaque candidat tient sa liste. C’est ce p’tit truc en moins, cet enracinement surjoué, qui peut sembler bizarroïde. Ce côté « plus petit dénominateur commun », ce côté étriqué, ce p’tit truc en moins qui est perturbant, même quand on adore les Chichi Frégi de Toulon (ceux de l’Estaque sont …beurk 😉).
N’est-il pas vrai que la ville de Toulon n’est grande que quand elle parle au monde entier ?

Ce Mais … On le met là pour que les plus sectaires et/ou ceux qui ont la foi des nouveaux convertis poussent des cris d’orfraie. Et pour les faire encore plus bisquer, on leur offre une chanson de Monsieur Georges Brassens La Ballade des gens qui sont nés quelque part. Bonne lecture.

Après, de Madame Laure Lavalette pensez-en ce que vous voulez mais, n’oubliez pas de penser !
Laurent di Gennaro

NB : Avec un peu de chance, elle va nous envoyer son discours que nous publierons dans son intégralité, ce qui évitera aux malveillants et aux sectaires de déformer ses propos. Nous en ferons de même avec tous les candidats qui voudront bien jouer le jeu. Chiche.

La Ballade des gens qui sont nés quelque part de Georges Brassens
C’est vrai qu’ils sont plaisants tous ces petits villages
Tous ces bourgs, ces hameaux, ces lieux-dits, ces cités
Avec leurs châteaux forts, leurs églises, leurs plages
Ils n’ont qu’un seul point faible et c’est d’être habités
Et c’est d’être habités par des gens qui regardent
Le reste avec mépris du haut de leurs remparts
La race des chauvins, des porteurs de cocardes
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Maudits soient ces enfants de leur mère patrie
Empalés une fois pour toutes sur leur clocher
Qui vous montrent leurs tours leurs musées leur mairie
Vous font voir du pays natal jusqu’à loucher
Qu’ils sortent de Paris ou de Rome ou de Sète
Ou du diable vauvert ou de Zanzibar
Ou même de Montcuq ils s’en flattent mazette
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Le sable dans lequel douillettes leurs autruches
Enfouissent la tête, on trouve pas plus fin
Quand à l’air qu’ils emploient pour gonfler leurs baudruches
Leurs bulles de savon c’est du souffle divin
Et petit à petit les voilà qui se montent
Le cou jusqu’à penser que le crottin fait par
Leur chevaux même en bois rend jaloux tout le monde
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
C’est pas un lieu commun celui de leur naissance
Ils plaignent de tout cœur les pauvres malchanceux
Les petits maladroits qui n’eurent pas la présence
La présence d’esprit de voir le jour chez eux
Quand sonne le tocsin sur leur bonheur précaire
Contre les étrangers tous plus ou moins barbares
Ils sortent de leur trou pour mourir à la guerre
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Mon Dieu qu’il ferait bon sur la terre des hommes
Si on y rencontrait cette race incongrue
Cette race importune et qui partout foisonne
La race des gens du terroir des gens du cru
Que la vie serait belle en toutes circonstances
Si vous n’aviez tiré du néant ces jobards
Preuve peut-être bien de votre inexistence
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part