Les services d’urgence sont sous haute tension en France. Une trentaine d’hôpitaux ont activé le plan blanc pour faire face à l’afflux de patients. Mais ça ne suffit pas. À Rennes, le personnel s’est mobilisé mercredi 14 janvier pour dénoncer ses conditions de travail après le récent décès de deux patients sur des brancards.

Les services d’urgence sont sous tension. Une trentaine d’hôpitaux ont activé leur plan blanc pour faire face à l’afflux de patients. En cause, l’épidémie de grippe et la grève des médecins libéraux lancée le 5 janvier, et qui doit durer jusqu’à ce jeudi.

À Rennes, où le plan blanc a été déclenché il y a près de 10 jours, deux patients sont décédés sur des brancards le week-end dernier. Mercredi, le personnel s’est mobilisé pour dénoncer ses conditions de travail.

Assis devant les urgences, ils sont une vingtaine de soignants. Phénomène est aide-soignante. “On n’y arrive plus, on est épuisé. Il y a des brancards partout. On double les chambres et on met plein de brancards dans les couloirs. Ils restent de plus en plus longtemps. Avant on disait 10,12 heures et maintenant, c’est 24, 48 heures. On veut des conditions humaines, c’est tout ce qu’on demande”, souligne-t-elle.

Des décès dans des conditions indignes

Entre la grippe et la grève des généralistes, les chiffres explosent. Près de 250 visites par jour dans un service dimensionné pour 150. “On a un afflux de patients qui est tellement massif que ça nous déborde. On se dit toujours qu’on a touché le fond, mais non on arrive encore à descendre. Notre cœur de métier, c’est l’humain et là, on fait de l’abattage. C’est difficile de rentrer le soir en se disant ‘j’ai bien bossé’”, souligne Olivier, infirmier.

L'hôpital de Rennes sous tensionL’hôpital de Rennes sous tension

Le week-end dernier, deux patients sont décédés dans le service. Dans des conditions indignes selon Nathalie Loinsard, infirmière et déléguée CGT.

“Un patient qui arrive aux urgences et qui est en soin palliatif, il a le droit de mourir dignement dans une chambre d’hôpital, dans un lit entouré de sa famille. Et là, ce n’a pas été le cas”, pointe-t-elle.

Ces deux décès n’ont aucun lien avec la situation de tension indique la direction de l’hôpital qui assure avoir pris des mesures exceptionnelles, dont l’ouverture de 30 lits supplémentaires et le rappel de personnel.

Martin Lange avec Guillaume Descours