Le plus jeune des clubs toulousains a trouvé son rythme de croisière en Régionale 3, où il vient de boucler un match à plus de cent points. Le club au maillot rose qui joue à la Mounède compte 70 licenciés et s’appuie sur une vidéo à trois millions de vues pour parfaire sa renommée.
Cent points, ça se célèbre. En Régionale 3, le TRC a battu Marssac sur Tarn 105 à 13. Une performance qui fera date évidemment pour le plus jeune des clubs toulousains, au nom très basique de Toulouse Rugby Club. Le club joue en rose et noir, ou en rose et blanc, ce qui lui permet de revendiquer le titre de « club rose de la Ville Rose ». Il n’existe que depuis 2011. Il joue au Stade municipal de La Mounède, banlieue Sud Ouest de Toulouse, depuis 2015, près de la zone Mirail-Basso Cambo.
Lancé par la presse
Il est issu d’une équipe loisirs fondée par des journalistes de la ville rose, on se souvient des Frédéric Lafont ex de l’Équipe et de M6 (entre autres), ou de Stéphane Camin qui présente la matinale d’NRJ Toulouse. On parlait à l’époque du Toulouse Rugby Média qui a donc changé de nom à mesure qu’il passait du monde « corporatif » au monde « civil ». Avec le temps, ce lien avec la presse s’est un peu dilué. Même si on trouve encore quelques « plumitifs » dans l’effectif comme le centre Théophile Arlet. Il a d’ailleurs marqué un essai contre Marssac sur Tarn. À noter ce jour-là la performance d’Adrien Vinges, l’arrière, qui a réussi quinze transformations sur quinze, et elles n’étaient pas toutes en face des poteaux.
« Il y a pas mal d’anciens qui sont là, depuis la création du club et puis, il y a des pièces rapportées de-ci de-là. Certains joueurs essaient de faire venir leurs amis. On a vu ça récemment avec Léo Marin, qui est en double licence avec le Toec Toac FCT (Espoirs Fédérale 1) pour jouer avec son frère, Paul. Nous avons de tout, des chauffeurs de taxi, des ingénieurs. Disons que nous sommes plutôt une équipe de diplômés » explique en riant Théophile Arlet qui est arrivé depuis deux ans. Dans le passé, il a porté les couleurs du Stade Toulousain en Alamercery (il a même côtoyé un certain ouvreur prénommé Romain).
Ils sont deux à être passé par les équipes de jeunes du géant voisin : « L’autre, c’est Simon Duffaut, notre numéro 8, que je connais depuis 10 ans, ». Il a d’ailleurs été élu « homme du match » après le succès fleuve face à Marssac sur Tarn. Tous les week-ends, sur la plate-forme Sport Easy, les joueurs du club peuvent voter pour élire le meilleur d’entre eux.
Un renversement historique face à Marciac
Le TRC compte 70 licenciés environ, assez pour aligner deux équipes seniors qui s’entraînent deux fois par semaine sous la direction de Patrick Milhavet qui est arrivé en 2024-2025. Le président s’appelle Fabrice Barbet, en poste depuis trois ans : « Avant, les joueurs dirigeaient eux-mêmes le club. Disons que j’essaie de structurer le club pour créer une sorte d’esprit village, dans la grande ville. L’équipe première marche bien. Pour l’Équipe 2, c’est un peu plus compliqué car en Régionale 3, l’existence d’une équipe réserve n’est pas obligatoire. Alors notre équipe 2 joue contre des adversaires de Régionale 2 à des dates où souvent leur équipe 1 ne joue pas. Alors des équipiers premiers viennent les renforcer. Nous, nous leur opposons des joueurs qui parfois, débutent au rugby à 20 ans, il y a eu des matchs difficiles, mais dernièrement, ils n’ont perdu que 19-16 contre Villenouvelle. Donc on s’accroche. » Autre hic, la situation fait que trop souvent, les équipes 1 et 2 ne jouent pas au même endroit le dimanche, ce qui empêche les dirigeants de profiter des deux matchs. « À domicile, nous avons quand même un certain soutien. On ne s’en sort pas si mal. Comme nous n’avons pas de tribunes, on sait que ceux qui sont là son vraiment motivés pour nous voir. » narre Théophile Arlet. Son club en tant que citadin, n’est pas ancré dans un territoire bien identifié comme la plupart de leurs adversaires, ce qui compte au niveau régional : « Aux yeux des autres équipes, nous sommes un parfois les gars de la ville, qui n’aiment pas trop le « chocolat » ou la guerre. Mais manifestement, on relève le défi. » poursuit le joueur.
Fabrice Barbet ne cache pas un manqué, le TRC n’a pas d’équipes de jeunes : « Nous n’y arrivons pas. Car nous sommes dans une zone de l’agglomération qui est plutôt foot. Mais il y a un projet avec le Toec Toac FCT. » Mais le club a semble-t-il trouvé son rythme de croisière : « Nous sommes allés jusqu’en Régionale 2, mais nous avons voulu descendre en Régionale 3 pour nous structurer. » Le club dispose de 12 000 euros de budget, quelques sponsors, un joli club-house et deux terrains municipaux qu’il faut cependant partager avec deux autres équipes toulousaines : « Regardez cette semaine, 43 joueurs sont inscrits pour ce week-end, sur la plate-forme Sport Easy. Les joueurs sont assez assidus, même ceux qui sont pères de famille. »
Au TRC, on vise bien sûr les phases finales régionales et si possible, nationales. Fabrice Barbet s’y prépare en sachant que les grands déplacements en bus s’ils doivent exister, pèseront lourd dans son budget : « Je viens de recevoir un devis pour aller à Lacaune, à deux heures et demie de chez nous. Ça représente 869 euros. Mais nous faisons la majorité des déplacements en covoiturage. »
Mine de rien la notoriété du club est en progression car il a un petit exploit à son actif. Ce ne sont pas les cent points inscrits face à Marssac sur Tarn, « mais une victoire contre Marciac en seizième de finale de promotion régionale 3, où nous nous sommes imposés après avoir été menés de treize points à deux minutes de la fin, » précise Théophile Arlet. Ce succès extraordinaire, Fabrice Barbet s’en félicite encore : « Les images ont fait environ 3 millions de vues sur les réseaux sociaux. Ça nous a fait connaître, un joueur de niveau Fédérale 3 du Pays Basque est venu nous voir grâce à ça. Il est étudiant à Toulouse et il a signé chez nous en double licence. »