Ce jeudi 15 janvier, l’Adapei de la Loire a donné une nouvelle dimension à sa campagne « Montre-moi ta colère ! » en remettant 10 000 cartes postales au Conseil départemental. Une mobilisation pour alerter sur le sous-financement chronique qui met en péril l’accompagnement des personnes en situation de handicap dans la Loire.

C’était le grand jour ce jeudi 15 janvier, place Jean Jaurès, à Saint-Étienne. Dès 10h, familles, personnes accompagnées et professionnels de l’Adapei de la Loire se sont rassemblés devant le kiosque de la Place Jean Jaurès pour marquer leur mécontentement et alerter sur la situation critique de l’association.

Dans le cadre de la campagne « Montre-moi ta colère ! », lancée il y a plusieurs mois, 10 000 cartes postales avaient été remplies par le grand public, les familles, les salariés et les personnes accompagnées. Ces cartes, porteurs de messages d’inquiétude et de colère, ont été remises en main propre au Conseil départemental par une délégation de l’association.

« Les politiques publiques ne nous donnent plus suffisamment de financements », explique Valérie Benotti, présidente de l’Adapei de la Loire. « Depuis plusieurs années, nous compensons les manques sur nos fonds propres, mais cela devient intenable. Si rien n’est fait, certains établissements pourraient fermer temporairement ou définitivement. Ce sont les personnes que nous accompagnons qui en paieront le prix. »

Les chiffres sont parlants : en 2024, le déficit de l’association s’élevait à 2,2 millions d’euros, dont 1,2 million non versé par le financement Laforcade attendu du Conseil départemental. Ces déficits récurrents touchent directement les établissements financés par le département et compromettent la sécurité, la continuité et la qualité de l’accompagnement offert aux 2 200 personnes suivies par l’Adapei de la Loire, fait savoir l’association. 

L’association gère 10 ESAT, où plusieurs centaines de travailleurs en situation de handicap produisent des recettes normalement destinées à moderniser les ateliers et améliorer les conditions de travail. Aujourd’hui, ces fonds servent à combler les déficits imposés par le sous-financement public. « Nos ESAT ne doivent pas devenir une variable d’ajustement budgétaire », insiste Valérie Benotti.

La mobilisation de ce jeudi se voulait claire et déterminée : obtenir un financement juste, stabiliser et renforcer les équipes, reconnaître le travail accompli et garantir des solutions durables pour les 1 500 personnes accompagnées sur le territoire. « Dix mille cartes, dix mille voix qui disent stop », conclut la présidente.

AC