À la rentrée universitaire de janvier 2026, la précarité étudiante atteint un niveau critique dans la métropole stéphanoise. Selon les dernières données d’associations et de l’INSEE, près de 6 000 étudiants vivent sous le seuil de pauvreté à Saint-Étienne. Une réalité que confirme Éléonor Daspe, chargée d’antenne Lyon–Saint-Étienne pour l’association 1 Cabas pour 1 Étudiant.
Alors que la Métropole stéphanoise continue de se développer pour accueillir les étudiants avec environ 27 000 inscrits dans l’enseignement supérieur, derrière ces chiffres se cache également une précarité grandissante.
« On estime qu’au moins 6 000 étudiants sont aujourd’hui en situation de précarité à Saint-Étienne », explique Éléonor Daspe, chargée d’antenne Lyon Saint-Etienne pour l’association 1 cabas pour un 1 étudiant.
Les causes sont multiples : coût du logement, inflation, faiblesse des aides et surtout manque d’emplois étudiants dans la métropole.
« Il y a peu de jobs étudiants, les jeunes sont un peu livrés à eux-mêmes sur ces questions-là », souligne la chargée d’antenne.
Manger est devenu compliqué
La première conséquence de cette précarité est l’alimentation. Les chiffres sont alarmants :
– 2 étudiants stéphanois sur 3 ont déjà sauté un repas par manque d’argent
– 49 % disposent de moins de 100 € par mois une fois le loyer payé
– 27 % n’arrivent pas à régler leurs charges de logement (loyer, gaz, électricité) à temps
Des données issues des enquêtes de la FAGE, de l’UNEF et de l’association Cop1.
Sur le terrain, cela se traduit par des files d’attente interminables devant les distributions alimentaires.
« Les jeunes ont vraiment des difficultés à se nourrir parce qu’ils n’ont pas les moyens d’acheter des produits nourrissants et sains. Les distributions sont pleines à craquer », constate Éléonor Daspe.
“1 Cabas pour 1 Étudiant” : manger et recréer du lien
À Saint-Étienne, l’association 1 Cabas pour 1 Étudiant développe depuis le printemps 2025 son dispositif de parrainage solidaire de proximité dans la métropole stéphanoise.
Le principe : mettre en relation un étudiant en difficulté avec un citoyen du même territoire.
« Le parrainage repose sur deux piliers : l’aide alimentaire et le lien social », explique Éléonor Daspe.
Le parrain ou la marraine offre régulièrement un cabas de courses, mais surtout une présence humaine.
« Ça permet de manger mieux, en plus grande quantité, mais aussi de rompre l’isolement. L’étudiant a une personne référente proche de chez lui », ajoute-t-elle.
Aujourd’hui, quelques dizaines de parrainages sont actifs à Saint-Étienne et si l’association n’est présente de façon structurée que depuis quelques mois dans la métropole stéphanoise, le constat est déjà clair : la demande explose.
« Les étudiants viennent assez facilement vers nous. La difficulté, c’est de trouver des parrains et des marraines dans la métropole stéphanoise », souligne la chargée d’antenne.
À l’échelle nationale, le dispositif compte déjà plus de 7 000 parrainages, mais les besoins dépassent largement les capacités actuelles.
Un appel aux habitants de la Loire
Pour l’association, la solidarité citoyenne est essentielle, mais elle ne peut pas tout.
« La première chose, c’est de prendre conscience que cette précarité existe. On en parle un peu à la rentrée, puis le sujet disparaît, alors que la situation, elle, continue », regrette Éléonor Daspe.
Les habitants de Saint-Étienne et de la Loire peuvent agir concrètement :
– en devenant parrain ou marraine,
– en relayant l’information,
– ou simplement en diffusant les affiches et flyers de l’association dans leur quartier.
AC