Le corps de Vladislav Baumgertner, 56 ans, ancien PDG du géant russe de potasse Uralkali, a été retrouvé le 14 janvier. Sa disparition avait été annoncée la veille du décès d’un diplomate russe, alors que le pays est aux prises avec un scandale de corruption.

Les cadavres russes s’accumulent à Chypre. Le corps de Vladislav Baumgertner, 56 ans, l’ancien PDG du géant russe de potasse Uralkali, a été retrouvé sur les côtes de l’île, selon plusieurs médias locaux. L’homme d’affaires avait disparu le 7 janvier dernier, la veille de la mort d’un diplomate russe à l’ambassade. Des affaires qui surviennent alors que le gouvernement chypriote est aux prises avec un scandale de corruption.

Selon le média chypriote Philenews, le corps a été retrouvé dans une zone côtière difficile d’accès sur la côte sud de l’île, entre le village de Pissouri et le village d’Avdimo. L’opération de recherche, qui avait débuté le 10 janvier, a mobilisé des drones pour inspecter les falaises de la côte. Un travail rendu plus compliqué par le temps hivernal et les vents forts.


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Vladislav Baumgertner a travaillé chez Uralkali de 2003 à 2013, d’abord comme directeur commercial, puis comme directeur général. Il avait été arrêté à Minsk, en Biélorussie, en 2013, après la rupture entre Uralkali et la principale société biélorusse de potasse. Fin 2013, il avait été extradé vers la Russie et l’affaire avait ensuite été classée. En 2015, il a dirigé Global Ports, le principal opérateur de terminaux à conteneurs en Russie. L’oligarque vivait seul sur l’île, signale The Guardian  et avait été vu pour la dernière fois à Limassol, une ville côtière prisée des expatriés russes, où il avait une maison.

Ingérences étrangères ?

Il existe une forte communauté russe à Chypre, au point que l’île est parfois surnommée le Moscou de la Méditerranée. «Aucune indication jusqu’à présent d’un quelconque lien entre les deux [décès]», assurait ces derniers jours le porte-parole de la police chypriote, Vyron Vyronos. Sans surprise, sur les réseaux sociaux, la mort de Vladislav Baumgertner a néanmoins déclenché de nombreuses réactions d’internautes persuadés que la mort de l’oligarque n’a rien d’accidentelle.

Ces affaires surviennent alors que les autorités chypriotes, qui viennent de prendre la présidence tournante de l’Union européenne, sont aux prises avec un scandale de corruption déclenchée par la publication d’une vidéo. Les images, mises en ligne sur X le 8 janvier par un compte fantôme, semblent montrer des responsables discutant de la manière de détourner la législation sur le financement des campagnes électorales. Ils évoquent notamment l’utilisation d’argent liquide pour dépasser le plafond d’un million d’euros de dépenses pour une campagne présidentielle.

Le scandale a entraîné des démissions au plus haut niveau, à commencer par celles du chef de cabinet du président, Charalambos Charalambous. La première dame Philippa Karsera a également quitté ses fonctions de directrice d’une association soutenue par l’État, invoquant des attaques sur les réseaux sociaux contre sa famille. De son côté, le gouvernement chypriote réfute toute action illégale et crie à l’ingérence étrangère. Les autorités du pays enquêtent pour déterminer si la vidéo résulte d’une «activité hybride» dirigée contre le pays et si son contenu indique des infractions pénales.