Le chiffre. En 2025, le produit intérieur brut de l’Allemagne a progressé de 0,2 % en termes réels, selon une estimation provisoire de l’institut Destatis. Un chiffre qui correspond aux attentes du gouvernement. Le faible rebond « s’explique principalement par l’augmentation des dépenses de consommation des ménages et de l’État », a déclaré Ruth Brand, présidente de Destatis, dans le communiqué. Au dernier trimestre 2025, le PIB a progressé de 0,2 % par rapport au trimestre précédent, selon une estimation provisoire.

Est-ce une bonne nouvelle ? Oui, mais l’Allemagne reste loin de ses niveaux de croissance historiques. Les exportations ont tout de même reculé en 2025 de 0,3 %, soit une troisième baisse consécutive, plus marquée dans les voitures, les machines et les produits chimiques, secteurs phares du « Made in Germany ». Quant à l’industrie manufacturière, son activité a reculé pour la troisième année d’affilée. Même constat pour les investissements, qui sont restés particulièrement faibles dans la construction et les équipements.

Pourquoi c’est important. L’Allemagne est le moteur économique de la zone euro. Son modèle économique est basé sur l’industrie et les exportations. Si elle exporte dans le monde entier, elle commerce surtout avec ses voisins européens, notamment avec la France, ce qui participe à stimuler également leur économie. Mais depuis deux ans, la croissance allemande est en panne à cause de la crise énergétique qui a suivi l’invasion russe en Ukraine. Elle est entrée en récession en 2023, avec une contraction de 0,9 % de son PIB, puis de 0,5 % en 2024.

Que peut-on attendre en 2026 ? Le commerce extérieur en 2026 risque de continuer à faire face à des tensions, notamment entre la Chine et les États-Unis, tous deux des partenaires commerciaux importants du pays. L’année précédente, l’Allemagne a déjà été « confrontée à de forts vents contraires en raison de la hausse des droits de douane américains, de l’appréciation de l’euro et d’une concurrence accrue en provenance de Chine », ajoute Destatis.

Et outre la croissance, l’Allemagne fait face à d’autres signes de stagnation, comme un taux de chômage stable mais qui se maintient tout de même à plus de 6 % depuis mars.

Néanmoins, le gouvernement a adopté l’année dernière un plan de plusieurs centaines de milliards d’euros pour moderniser les infrastructures et la défense. De nombreux experts s’accordent à dire qu’un tel plan pourrait relancer la croissance allemande et redonner, par la même occasion, du dynamisme à la zone euro. La coalition du chancelier Friedrich Merz espère en tout cas observer cette année un rebond du PIB à 1,3 %.