Jean-Pierre Rico, maire de Pérols, veut des réponses sur l’avenir de cette Zac en zone inondable et avance les détails de son projet. Le directeur d’Altemed répond aux inquiétudes.
À Pérols, le dossier du Fenouillet s’éternise et la tension monte. Face à la colère persistante de certains commerçants, toujours sans visibilité sur leur relocalisation ni sur le montant des indemnisations, le maire Jean-Pierre Rico décide de hausser le ton. Il organise ce mercredi 14 janvier une réunion publique (*) afin de « mettre l’aménageur métropolitain, la SA3M (Altemed), devant ses responsabilités ». Pointant un projet Ode à la Mer « en déshérence depuis plus de dix ans », l’édile annonce vouloir mettre en demeure la Métropole de Montpellier de présenter un échéancier précis pour redonner de la lisibilité à l’avenir du site.
Entouré d’avocats et en associant les commerçants à la démarche, il dénonce l’absence de solutions concrètes et l’abandon successif de projets structurants tels que Shopping Promenade ou le stade de football Louis-Nicollin, qui, selon lui, auraient permis de préserver activité économique et emplois. Opposé à une mono-activité autour du futur centre de maintenance de tramway de la TaM, le troisième du genre sur la Métropole et projeté par l’intercommunalité, le maire plaide pour un projet mixte associant parc public, commerces et activités de loisirs, ainsi qu’un site pouvant accueillir du stationnement pour bus et tram : « Cela a du sens avec la future liaison de la ligne 3 de tramway vers l’aéroport », concède-t-il.
Jean-Pierre Rico n’exclut pas, à terme, son vœu d’implanter un casino sur le site reconverti, « un dossier toujours d’actualité », assure-t-il, conditionné à l’issue des prochaines élections municipales : « Si je suis réélu, j’irai défendre ce projet auprès du ministre de l’Intérieur. »
« On travaille au cas par cas »
Pour Cédric Grail, directeur général d’Altemed, l’aménageur de la Métropole, le travail consiste à relocaliser les enseignes sur la zone dite « Fenouillet rouge », composée de deux tiers de terrains inondables et d’un tiers constructible. « On accompagne les commerçants au cas par cas, c’est de la haute couture, on est actif », explique-t-il. Sur les 50 commerces initiaux, 40 ont été rachetés. 17 locaux sont vacants : « Chaque fois que nous pouvons acquérir, nous démolissons : deux en 2025, sept en 2026, le reste dépendra des négociations en cours ».
L’objectif à long terme est de « renaturer deux tiers du Fenouillet rouge ». Quant au projet multi-activités, incluant commerces et un futur casino au-dessus du centre de maintenance du tramway, il est soutenu par Altemed, mais « ce sera un programme complexe sur plusieurs années ». Selon Cédric Grail, « je comprends l’impatience du maire, mais ce n’est pas de la magie, cela prend du temps ». En attendant, l’aménageur assure travailler « avec sérieux » pour trouver des solutions amiables et durables.
L’incompréhension de certains commerçants toujours sans solutions
Sur le terrain, la colère et l’incompréhension demeurent parmi certains commerçants sans solutions. À l’image de Caroline Catalan, patronne du restaurant La Prose Déjeuner, qui alerte sur les conséquences humaines et économiques d’un projet ayant figé toute perspective : impossibilité d’investir, de transmettre les fonds et, à terme, commerces devenus « invendables ». Les solutions avancées sont jugées irréalistes : loyers multipliés par quatre, emplacements sans parking, absence d’indemnisation. « Il s’agit d’un déplacement forcé, économiquement intenable », résume-t-elle, dénonçant un dialogue inexistant et des engagements « flous puis retirés ». Son établissement doit fermer le 30 janvier, mettant en péril huit emplois.
L’inquiétude gagne d’autres enseignes. L’exploitant de BoConcept évoque une chute continue de chiffre d’affaires dans une zone qu’il estime « en cours de destruction » et redoute une liquidation imminente, malgré un bail courant jusqu’en 2028. Tous dénoncent une situation qui dépasse désormais le seul cadre économique. Désormais, tous veulent des réponses concrètes : « On n’en peut plus, c’est très dur ce qu’ils nous font subir », dit avec désespoir Caroline Catalan. Et compte sur Jean-Pierre Rico pour maintenir la pression.
(*) La réunion publique a lieu ce mercredi 14 janvier à 19 h à l’Eurotel, dans la zone commerciale du Fenouillet à Pérols.