
Les accidents impliquant des tramways ne sont malheureusement pas rares. En 2024, en France, 1 427 collisions avec un tramway par des tiers ont été recensées. Des accidents ayant fait 10 morts et 31 blessés graves. En réponse à ces événements, une nouvelle expérimentation vient d’être lancée : l’installation de caméras frontales embarquées sur les tramways et tram-trains. Inscrite dans la loi du 28 avril 2025 relative au renforcement de la sûreté dans les transports, portée par l’ancien sénateur (LR) et actuel ministre des Transports Philippe Tabarot, cette expérimentation est entrée en vigueur le 27 décembre dernier, suite à la publication du décret d’application au Journal officiel.
Ce dispositif « ouvre la possibilité aux opérateurs de transport qui le souhaitent, à titre expérimental jusqu’au 28 juin 2028, pour plus de 88 lignes et environ 1 700 véhicules en circulation, d’équiper leurs matériels roulants de caméras frontales embarquées afin de lutter contre les incidents liés à la présence de véhicules ou de personnes sur les voies de tramways », précise le ministère des Transports. Car « l’insertion des tramways et des tram-trains dans les circulations urbaines parfois denses génère des risques divers en matière de sécurité routière, qui nécessitent d’être analysés afin de pouvoir les éviter et de former les conducteurs ». Et pour produire ces analyses, la captation d’images vidéo représente « un apport majeur ». Cette expérimentation permettra notamment de « mesurer l’efficacité des différents dispositifs qui pourront être mis en place par les opérateurs de transport ».
Un usage des caméras encadré
Mais, présence de caméras oblige, elle pose la question de son encadrement pour le respect des libertés individuelles. L’expérimentation prévoit ainsi une « utilisation limitée à la prévention et à l’analyse des accidents, ainsi qu’à la formation du personnel de conduite et de sa hiérarchie », une « réduction de l’angle de captation des images des caméras à 60 degrés par rapport à l’axe de circulation pour éviter de filmer des intérieurs d’immeubles », une « définition stricte des modalités de conservation des données enregistrées » ou encore une « pseudonymisation des images ». Des modalités et garanties qui ont reçu un avis favorable de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) et du Conseil d’État.
Au terme de l’expérimentation, un bilan sera transmis au Parlement, au plus tard le 28 décembre 2027, pour « nourrir les réflexions » liées à l’utilisation de la vidéo pour l’amélioration de la sécurité. « Après la mise en service des caméras-piétons des agents de contrôle depuis le 19 décembre, c’est un nouveau dispositif prévu par la loi relative à la sûreté dans les transports qui entre pleinement en vigueur, se réjouit Philippe Tabarot. Prochaine étape : le renforcement des prérogatives des agents du GPSR [Groupement de Protection et de Sécurité des Réseaux de la RATP] et de la Sûreté ferroviaire (Suge), afin de doter la présence humaine sur le terrain de capacités d’action renforcées, en complément des dispositifs technologiques déployés. »
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