Municipales 2026 – D’un monde en transition : Toulouse (1/4)
Voyage en France, à commencer par Toulouse, pour imaginer une transition socio-économique et écologique à travers des dispositifs locaux de réflexion et de participation. À l’approche des municipales, insistons sur la formation des agents territoriaux et des habitants. Dans un monde de post-vérités, les discussions informées avec des scientifiques et des artistes jouent un rôle majeur pour la démocratie et contre une logique descendante.
La politique nationale est en panne ; les Français ne font plus confiance à des gouvernants qui mentent de plus en plus. Ainsi, Clément Viktorovitch fait un bilan sévère des années de présidence Macron dans son ouvrage Logocratie (Seuil, 2025) : alors qu’Emmanuel Macron présente un visage raisonnable par rapport à un Donald Trump, un Javier Milei ou un Viktor Orban, il n’en incarne pas moins « une incontestable banalisation du mensonge au sein de la parole gouvernementale » (p. 251).
Le livre est informé. Il recense bon nombre de promesses volatilisées et un florilège de mensonges : celui qui porte sur les masques en pleine pandémie de Covid – il n’y a pas de risque de pénurie – ou encore concernant la réforme des retraites et la promesse « nous mettrons un plancher à 1 200 euros » – ce qui n’a jamais fait partie du projet de loi. Encore très récemment, la non-condamnation de l’exfiltration de Maduro du Venezuela vers les États-Unis a donné lieu juste après de la part du président français à une correction qui laisse croire que le premier message n’a jamais été posté.
Comment retrouver la vérité en politique ?
Comment retrouver quelques chemins de vérité en politique aujourd’hui dans un contexte mondial particulièrement prompt à la post-vérité et à un exercice complètement dévoyé de l’autorité ? Les élections municipales à venir en France peuvent constituer un tel terrain, celui d’une parole politique qui ne peut pas s’affranchir du réel, des vies humaines de telle sorte que l’on puisse à nouveau se sentir en démocratie. La politique locale ne vaudrait pas alors comme un repli sur un territoire mais comme un laboratoire du futur politique.
Dans Politiques du faire-monde, Philippe Descola décrit l’attachement des peuples amazoniens à leur milieu de vie (animaux, fleuves, arbres, etc.) et les relations singulières qui en découlent. Il ajoute que de telles relations existent en Europe quand les populations luttent contre des projets d’aménagement pharaoniques
