Longtemps considérée comme perdue, une esquisse du peintre flamand fera son apparition à la foire belge d’art et d’antiquité. La qualité d’exécution et l’expressivité du portrait fascinent les experts.
Redécouverte il y a trois ans par Klaas Muller, le marchand belge et président de la BRAFA, une esquisse disparue du peintre Pierre-Paul Rubens sera exposée du 25 janvier au 1er février, lors de la 71e édition de la BRAFA -la foire belge d’art et d’antiquités- à Bruxelles.
Intitulée Portrait d’un vieil homme, l’étude montre le visage d’un homme âgé avec une longue barbe blanche et le regard embué par le vin. Passionné par le maître baroque flamand, Klaas Muller a longuement étudié l’œuvre : « Je n’étais pas sûr que ce soit un Rubens », a confié le marchand à nos confrères du Guardian. D’autant plus que le croquis « était très sale même si le vernis protégeait très bien la peinture. Mais je voyais bien qu’elle était d’une qualité extrêmement élevée. »
Le marchand d’art a confié l’œuvre à Ben Van Beneden, un ancien directeur de la maison Rubens, afin d’authentifier le croquis. « Je pense que c’est très probable, a-t-il déclaré, toujours au Guardian. Il faut être prudent car vous avez affaire à une peinture qui n’a pas été faite pour le marché mais comme matériau de travail. Mais le savoir-faire est exceptionnel – il a une qualité très réaliste. » Mais selon l’historien les éléments ne manquent pas en faveur d’une esquisse originale de Rubens : le geste est « spontané, précis et montre une virtuosité exceptionnelle ». De plus, l’esquisse montre « l’usage caractéristique de feuilles de papier marouflées sur panneau ».
Rubens, le peintre gentilhomme
L’artiste a commencé ses travaux préparatoires dès sa jeunesse mais c’est sous l’influence de peintres italiens que Rubens commence à pratiquer des têtes d’études peintes à l’huile. Ainsi, il réalisait de manière « rapide et spontanée souvent sous différents angles » ses croquis. Le peintre s’est constitué un véritable « répertoire visuel de physionomies expressives » qu’il réutilisait dans ses compositions destinées à la vente. De retour à Anvers, en 1608, Rubens s’investit dans ses croquis et réalise ses premières têtes peintes sur papier, qui seront ensuite collées sur panneau. L’étude Portrait d’un vieil homme permettrait de venir compléter le répertoire de croquis de l’artiste.
La peinture Saint-Thomas illustre un homme dont le visage présente des ressemblances avec l’esquisse Le Portrait du vieil homme.
Photo Josse / Bridgeman Images
Un autre détail fascine les experts : la présence du visage d’une jeune fille dans la barbe du vieil homme. Tout laisse à penser que cette figure correspond à l’ébauche d’un autre tableau, qui aurait été ultérieurement recouverte par le peintre.