Une partie de l’œuvre du grand performeur artistique, qui ne cache pas son aversion pour la gouvernance de Xi Jinping, est présentée dans la fameuse galerie Nature Morte à New Delhi.

La première exposition en Inde consacrée à l’œuvre de l’artiste chinois dissident Ai Weiwei a été inaugurée jeudi dans une galerie de New Delhi, réunissant quelques-unes de ses pièces les plus célèbres.

Fils d’un poète vénéré par les anciens dirigeants communistes, Ai Weiwei, âgé de 67 ans, est peut-être l’artiste moderne le plus connu de Chine, où il a contribué à concevoir le célèbre stade dit du « Nid d’oiseau »  pour les Jeux olympiques de Pékin en 2008. Il est également très critique envers le gouvernement chinois, ce qui lui a valu d’être détenu en 2011 pendant 81 jours. Ai Weiwei a finalement quitté la Chine pour l’Allemagne quatre ans plus tard.


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L’exposition comprend des sculptures, des installations et des œuvres mixtes couvrant l’ensemble de sa carrière, ainsi que des pièces réalisées en « hommage » à l’Inde. « C’est ma première exposition en Inde… même si elle ne rassemble qu’une dizaine de mes œuvres, elles renvoient à des événements marquants de plus de 20 ans », a déclaré l’artiste, qui n’était pas présent à l’inauguration, dans un communiqué. Pour Aparajita Jain, codirectrice de la galerie Nature Morte à New Delhi, cette exposition vise à élargir la compréhension et les échanges artistiques. « Nous sommes (tout) simplement un espace d’expression – un lieu de conversation où nous pouvons découvrir des pratiques artistiques du monde entier et les partager », a-t-elle déclaré à l’AFP. L’exposition comprend une immense œuvre entièrement composée de Lego, inspirée de la série des Nymphéas de Claude Monet. Les trois œuvres « en hommage à l’Inde », également réalisées avec des Lego, font référence à des tableaux de célèbres peintres indiens.

Ai Weiwei, de la dissidence au produit dérivé

Disha Sharma, 20 ans, étudiante en arts visuels, a fait 90 kilomètres depuis Rohtak, une ville située au nord-ouest de la capitale, pour assister à cette inauguration. « Ce n’est pas un art que l’on comprend immédiatement », reconnaît Disha Sharma, il « oblige à réfléchir ». Srishti Rana Menon, une artiste qui travaille au sein de la galerie, salue l’« approche contemporaine » des œuvres traditionnelles. Aparajita Jain a dit espérer que l’exposition annonce un changement plus large dans la manière dont l’Inde s’engage avec l’art mondial, afin que les gens « ne cherchent plus seulement l’Inde dans le monde », mais trouvent aussi « le monde en Inde ».