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Le candidat LFI aux municipales, François Piquemal, veut mettre fin au contrôle du stationnement payant dans les rues de Toulouse avec des véhicules dotés de caméras. Les amendes ont été multipliées par deux en deux ans.

Candidat aux municipales, le député (La France insoumise) François Piquemal avait déjà dit tout le mal qu’il pensait du système de verbalisation du stationnement payant dans les rues de Toulouse. Depuis 2022, la mairie s’est équipée de véhicules avec de petites caméras sur le toit qui lisent de façon automatique et donc très rapide les plaques d’immatriculation. Elles repèrent les automobilistes qui n’ont pas payé leur stationnement. Et flashent en série.

En passant de patrouilles pédestres d’agents municipaux aux tournées de ces véhicules, la fréquence des PV s’est sérieusement accrue. Lors du conseil municipal d’octobre, des chiffres impressionnants ont été communiqués. En 2024, quelque 500 000 PV ont été distribués. Deux fois plus qu’en 2022. Et 15 % de plus qu’en 2023.

La mairie possède cinq voitures, des petites Toyota Yaris blanches. Et deux d’entre elles suffisent pour sillonner toutes les rues payantes de Toulouse en une journée là où les agents mettaient plusieurs jours à le faire.

Une « prune » pour tous

Dans son entretien à « La Dépêche » ce jeudi 15 janvier, François Piquemal a annoncé qu’il supprimerait ce dispositif. « Le maire sortant que j’appelle « Monsieur Bouchon » est aussi « Monsieur Prune ». En deux ans, on est passé de 200 000 à 500 000 amendes : quasiment chaque Toulousain a reçu une prune dans l’année. »

Pour le candidat, il y a une raison à ce contrôle accru : « combler des déficits créés par une mauvaise gestion à la ville et à la métropole. Moi, je refuse qu’on compense une mauvaise gestion par des amendes, sans discernement humain. Beaucoup d’agents se plaignent de ce système, même s’ils ne peuvent pas toujours le dire publiquement. Donc oui, on remettra à plat le système de lecture de plaques. »

Si Tisséo et la Métropole sont endettés, c’est pour le financement de la 3e ligne de métro. François Piquemal concède que ce n’est pas avec des amendes à 35 € qu’est financé ce moyen de transport mais avec un grand emprunt. Pour autant, il stigmatise « une gabegie » et « des amendes qui font rentrer des recettes ».

La mairie a plusieurs fois justifié le contrôle du stationnement par un nombre de places en ville qui n’est pas extensible et qui est même réduit par la piétonnisation. « Le contrôle du stationnement payant n’a pas pour objectif premier de sanctionner mais de garantir une utilisation équitable et efficace de l’espace public » par la rotation des véhicules, a-t-elle avancé régulièrement.

François Piquemal entend par ailleurs conditionner le prix de l’abonnement résident – qui est de 135 € par an pour tout le monde – au revenu des familles.