Frappé par un cancer de la vessie qui l’a conduit trois fois sur la table d’opération depuis 2022, Nicolas Mayer Rossignol disait attendre les résultats de son bilan de santé pour se déclarer. C’est chose faite. Rassuré par ses derniers examens médicaux qui « n’auraient pu être meilleurs » de son propre aveu, l’actuel maire de Rouen se relance pour la seconde fois dans la bataille des municipales fort du capital sympathie que lui a valu la révélation de sa maladie, l’an dernier.
L’ancien chimiste, passé par Normale Sup’ et Stanford, y fait figure de grand favori. A quelques semaines du scrutin, son entourage manifeste une confiance d’airain. « On joue sur du velours, commente l’un de ses proches rompu aux arcanes de la politique locale. Les Rouennais lui en ont un peu voulu pour la ZFE mais ils lui savent gré d’avoir réveillé la belle endormie ».
Comme lors de sa précédente campagne, le presque quinqua (48 ans) lie étroitement sa candidature à la mairie à celle de la présidence de la Métropole qu’il brigue simultanément. « Je suis candidat aux élections municipales et aux élections métropolitaines », ont été ses premiers mots à l’annonce de sa décision de repartir pour un tour. Une approche passablement inhabituelle qui s’explique par la petite taille de la ville centre dont beaucoup des compétences ont été transférées à l’échelon supérieur.
Malgré un rebond au cours des dernières années, Rouen Intramuros franchit en effet tout juste le seuil des 120.000 habitants, bien en deça du demi-million de résidents de l’agglomération dont Laurent Fabius avait accouché en son temps dans l’espoir de sortir la ville de Jeanne d’Arc de l’ombre portée de Paris.