Ce poil au menton qui vous
nargue, toujours au même endroit

Il suffit d’un miroir mal placé
ou d’un rayon de soleil traître pour qu’il apparaisse. Toujours le
même. Même emplacement, même épaisseur, même timing agaçant. Ce
poil au menton semble avoir signé un bail à vie. On le retire, il
disparaît… puis revient comme s’il n’était jamais parti. Et non, ce
n’est ni une illusion d’optique ni une fatalité mystérieuse.

Les dermatologues sont formels
: si ce poil revient avec une telle régularité, c’est parce qu’il
dépend d’un follicule pileux particulièrement actif. Autrement dit,
la racine est toujours là, tapie sous la peau, prête à relancer la
production. Selon une enquête relayée par
Glamour UK, ce phénomène est l’un des motifs de consultation
les plus fréquents en dermatologie esthétique chez les femmes après
35 ans.

Hormones, le vrai moteur de
cette repousse obsessionnelle

La grande cheffe d’orchestre
de cette histoire, c’est la testostérone. Contrairement aux idées
reçues, cette hormone n’est pas réservée aux hommes. Les femmes en
produisent aussi, en petite quantité. Le problème n’est pas tant
son niveau que la sensibilité des follicules pileux.

Comme l’explique la
dermatologue
Ife Rodney, tout le monde possède cette hormone dans son
corps, mais certaines personnes en produisent plus que d »autres et
les follicules pileux de chacun réagissent différemment aux niveaux
d’hormones. Résultat : un duvet discret peut se transformer en poil
terminal, plus épais, plus foncé, et surtout plus persistant.

À la ménopause, le phénomène
s’accentue. La baisse des œstrogènes laisse davantage de place aux
hormones androgènes. Selon l’Inserm, près de 40 % des femmes
ménopausées constatent une modification de leur pilosité faciale,
notamment au niveau du menton.


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Quand la génétique et la
santé s’en mêlent

Si vous avez l’impression que
ce poil est un héritage familial, vous n’avez peut-être pas tort.
D’après
20 Minutes, on se transmet de génération en génération la
sensibilité des récepteurs au niveau des poils aux hormones.
Autrement dit, même sans déséquilibre hormonal, certaines zones
sont programmées pour produire des poils plus visibles.

Dans certains cas, cette
repousse peut aussi être un signal médical. Le syndrome des ovaires
polykystiques (SOPK), qui touche entre 8 et 13 % des femmes selon
l’Organisation mondiale de la santé, est l’une des causes les plus
fréquentes d’hyperpilosité localisée sur le visage. Une apparition
soudaine, rapide ou associée à d’autres symptômes (acné sévère,
cycles irréguliers) mérite donc un avis médical.

Peut-on vraiment s’en débarrasser, ou faut-il apprendre à négocier
?

Bonne nouvelle : non,
l’épilation ne rend pas le poil plus dru. C’est un mythe. Mauvaise
nouvelle : aucune méthode n’est totalement définitive. Chaque
technique agit à un niveau différent du follicule.

Voici les options les plus
courantes :

  • l’épilation à la pince, simple
    et efficace pour un poil isolé

  • la cire ou le fil, avec un
    risque de repousse similaire

  • le laser, qui peut réduire
    durablement la densité, mais nécessite plusieurs séances

  • l’électrolyse, la plus ciblée,
    souvent recommandée pour un poil unique et tenace

Selon la Société française de dermatologie, le
laser permet une réduction de 70 à 90 % de la pilosité après
plusieurs séances, mais des follicules peuvent se réactiver avec le
temps. Le fameux poil au menton n’est donc pas un échec personnel,
ni une anomalie. C’est simplement un follicule particulièrement
zélé, soutenu par vos hormones, votre génétique… et un sens du
timing redoutable.