Par
Rédaction Paris
Publié le
15 janv. 2026 à 17h42
Des décennies d’emprise. De violences physiques et psychologiques. D’abus… Dans son rapport paru ce jeudi 15 janvier 2026, la Commission indépendante sur les abus spirituels et les emprises psychologiques (Ciasep) mise en place à la demande des sœurs bénédictines du Sacré-Cœur dévoilent les violences dont ont été victimes les bonnes sœurs à Montmartre (Paris) à partir des années 70.
Elle forçait les bonnes soeurs à manger
Un immense travail a été fourni par cette commission entamée en 2024 pour documenter le système d’emprise dont ont été victimes les sœurs. Le personnage clé de ces violences systémiques ? La prieure générale des bénédictines du Sacré-Cœur, Marie Agnès, décédée il y a dix ans.
« De janvier à juillet 2025, la commission a conduit 159 entretiens (310 heures) avec les 86 sœurs actuellement membres des BSCM, 28 anciennes sœurs et 45 autres témoins (évêques, prêtres, religieuses, laïcs) », précise la Ciasep. Et que ressort de ces témoignages ? Pas moins de 1 489 « dysfonctionnements ».
« La place de Mère-Marie-Agnès (MMA) dans la gouvernance de la congrégation s’est avérée primordiale, absolue et unique, marquée par l’exercice d’une autorité excessive et inappropriée sur la communauté, révélant une dérive manifeste dans tous les domaines », analyse la Ciasep. Espionnage, contrôle du courrier, interdiction d’échanger entre les sœurs… Ce sont des dérives sectaires que met en avant la commission. Car il est aussi question du culte de la personnalité cultivé par MMA.
« Votre mère sur terre c’est MMA qui se sacrifie pour vous » ; « MMA a toujours raison, c’est moi qui ne comprends pas » ; « On nous apprenait sans cesse à glorifier MMA », indiquent certains témoignages relevé par la commission.
Des maltraitances physiques prenaient également place. « La maltraitance physique, justifiée au nom d’un prétendu bien spirituel, faisait partie du quotidien des sœurs, en particulier autour de la nourriture. Les repas forcés et déséquilibrés, les gavages allant jusqu’aux vomissements, ainsi que les pesées obligatoires et régulières sans droit de connaître son poids en sont des exemples », précise le rapport.
Derrière les murs d’un des monuments les plus célèbres de la capitale, une dictature régnait. En conclusion de son rapport, la Ciasep propose une soixantaine de réformes pour assainir le fonctionnement des Bénédictines du Sacré-Cœur Montmartre et surtout, éviter l’arrivée d’une nouvelle MMA.
Votre région, votre actu !
Recevez chaque jour les infos qui comptent pour vous.
S’incrire
Des suites ?
La commission se propose « de revenir entre mars et juin 2027 pour visiter les prieurés et la maison mère, mesurer l’application des préconisations et publier un rapport complémentaire ».
Dans un communiqué, le diocèse Paris « tient à souligner le caractère déterminant de leur intervention pour alerter sur les graves manquements dont elles ont été victimes et témoins » avant de reconnaître que le diocèse de Paris « pendant de nombreuses années, n’a pas exercé, en ses responsables, son propre devoir de vigilance à l’égard de la congrégation et des graves abus qui s’y sont déroulés ».
Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.