Par

Gwenaël Merret

Publié le

15 janv. 2026 à 22h33

« Nous ne sommes pas entendus ! », dénonce la vingtaine d’agriculteurs et de sympathisants de la Confédération paysanne réunis à Redon (Ille-et-Vilaine), devant la sous-préfecture, ce jeudi 15 janvier à 20 h 30.

Ils dénoncent « la mise en garde à vue, mercredi 14 janvier à Paris, de 52 syndicalistes » dont deux d’Ille-et-Vilaine et « la coordinatrice de Via Campecina, réseau paysan international dont fait partie la Confédération paysanne, venus manifester pacifiquement avec une centaine d’autres dans un bâtiment du ministère de l’Agriculture », celui de la Direction générale de la performance économique et environnementale des entreprises (DGPE). Parmi les manifestants se trouvait une forte délégation des départements et régions d’outre-mer (DROM). Ils ont notamment déployé des banderoles pour exiger « la décolonisation » de l’agriculture de ces lobbies agro-industriels », précise un communiqué du syndicat.

La FNSEA « obtient ce qu’elle veut »

Les personnes rassemblées à Redon ce jeudi soir pointent « un ras-le-bol du désengagement de l’État », trop conciliant d’après eux avec le syndicat agricole majoritaire, la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA). « Ils font leur liste au Père Noël au ministère de l’Agriculture et obtiennent tout ce qu’ils veulent. »

Dermatose, Mercosur…

Ces dernières semaines et derniers jours, les manifestations d’agriculteurs se sont multipliées. Que ce soit contre la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse dans le sud de la France avec des abattages systématiques de troupeaux. Ou contre l’adoption par l’Union européenne de l’accord de libre-échange du Mercosur avec l’Amérique du Sud.

Politiques de l’eau : moratoire

C’est dans ce contexte que le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé, mardi 13 janvier, un « moratoire sur toutes les décisions relatives aux questions de la politique de l’eau jusqu’à l’inscription de la loi d’urgence en Conseil des ministres », prévue avant le début du Salon de l’Agriculture de Paris, attise la colère de la Confédération paysanne.

Défense du projet de SAGE

« C’est inacceptable que le travail mené depuis des années par la Commission locale de l’Eau (CLE) pour réviser le Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SAGE) de la Vilaine soit bafoué ainsi. »

Vidéos : en ce moment sur Actu

Le document est en phase de finalisation. Mais les FDSEA des départements concernés sont vent debout contre les mesures d’interdiction de pesticides sur le maïs autour des captages d’eau les plus sensibles du bassin-versant. Alors qu’elles ont été proposées, à l’origine, par les représentants des Chambres d’agriculture d’Ille-et-Vilaine, du Morbihan et de Loire-Atlantique, élus des FDSEA.

Protection des captages : « des solutions techniques »

« Ces restrictions concernent une partie infime du bassin-versant de la Vilaine. Les solutions techniques pour y faire face existent, le désherbage mécanique, qui n’obligent pas à modifier tout le système des exploitations », affirment des membres de la Confédération paysanne réunis autour d’Albine Vaucouloux, responsable du syndicat dans le Pays de Redon, maraîchère à Avessac (Loire-Atlantique).

Votre région, votre actu !

Recevez chaque jour les infos qui comptent pour vous.

S’incrire

« Avec les élections municipales à venir, il faut aussi prendre conscience du coût exorbitant du traitement de l’eau potable en raison de la présence des pesticides », poursuivent-ils.

Ce vendredi 16 janvier, la FDSEA annonce que ses élus représentants des chambres d’agriculture boycotteront la réunion de la Commission locale de l’Eau.

« Cette réunion ne finalisera pas le vote », indique la Confédération paysanne, qui sera mobilisée et appelle ses sympathisants à, eux aussi, soutenir la CLE. Après le vote empêché par la FNSEA le 11 décembre 2025 à Châteaubourg (Ille-et-Vilaine), un nouveau vote est, en principe, prévu le 12 février prochain… À moins que ne s’applique le moratoire annoncé par le Premier ministre.

Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.