Ce jeudi 15 janvier 2026, c’est une folle histoire d’argent qui a occupé la fin d’après-midi du tribunal judiciaire de Brest. Un homme de 81 ans a comparu pour avoir, entre 2018 et 2022, abusé de la fragilité d’un autre homme, alors âgé et décédé depuis, pour lui soutirer de l’argent.
Il fallait s’accrocher pour suivre cette histoire d’argent, de brevet révolutionnaire dont le prévenu serait en possession, d’une quête d’investisseurs locaux mais surtout étrangers, à grand renfort de voyages en Suisse, à Gibraltar, au Maghreb, en Arabie Saoudite… Mais concrètement, de quoi est-il question ? D’un homme à qui le prévenu aurait soutiré plus de 87 000 € sous prétexte de financer un projet incroyable, une entreprise qui cherche à vendre à des gens haut placés le brevet d’un procédé pour extraire de l’eau douce depuis l’eau de mer, le mis en cause parlant de rencontrer des secrétaires d’États d’Afrique du Nord ou encore… le prince ben Salmane.
L’homme nie tout abus
Du côté du tribunal, les questions s’axent essentiellement sur les mouvements d’argent, sur les volumes représentés, sur la pertinence de cette histoire de brevet. L’homme a du mal à trouver ses mots, ses réponses, mais nie tout abus.
Pour le procureur Rollin, il n’y a pas de doute, l’homme n’ignorait rien de l’état de sa victime. Il relève même une phrase d’audition où l’homme dit de son ami qu’au bon temps de leur relation, « il n’était pas encore totalement débile ». Le magistrat requiert douze mois de sursis simple.
Une expertise psychiatrique peu flatteuse
Vient ensuite la prise de parole de la défense. Me Michelet prend le contre-pied de son client, se basant sur une expertise psychiatrique récente et qui présente son client d’une manière peu flatteuse : mégalomane, paranoïaque, menteur… Pour lui, cette histoire de brevet et de voyages « n’est que l’expression de son trouble ». « Devant ce dossier, j’ai eu l’impression de voir un épisode de l’émission télé « Strip-Tease » », dit l’avocat, en se demandant ce qui est vérité ou maladie. Il plaide la relaxe, soulignant l’absence d’une réelle intention derrière ses actes. Le tribunal relaxe l’homme, ne parvenant pas à s’assurer de la vulnérabilité de l’autre partie au moment des virements.