l’essentiel
La quarantaine épanouie, Christelle Lacassagne avait tout pour être heureuse. C’était avant la maladie. Pour la combattre, la Figeacoise a décidé d’écrire noir sur blanc, les mots de son calvaire. Elle livre un témoignage poignant dans « Corporicide ». Rencontre.

43 ans, deux enfants, Christelle Lacassagne est éducatrice spécialisée. À la suite d’un IRM pour contrôler son endométriose, un lymphome est découvert. Le verdict tombe : cancer du système immunitaire. Suivent alors six mois de chimio et d’immunothérapie, durant lesquels la Figeacoise éprouve le besoin de mettre des mots sur ce qu’elle vit. Des mots crus, directs, ironiques et bouleversants, où l’humour s’invite parfois, sans édulcorer ni tenter d’attendrir.
« Je n’ai pas écrit un livre pour raconter ma maladie, mais pour donner une voix à un corps qui n’obéit plus, dit-elle, sans jamais se départir d’un éclatant sourire. Et quand le corps s’effondre, il ne reste que les mots pour ne pas disparaître ». Ce livre, intitulé « Corporicide » est un véritable coup de poing, un cri violent et lourd. Chargé de toutes les scories que véhicule l’épreuve de la maladie : la féminité malmenée, le regard que la société porte sur un corps malade, l’impact de l’environnement, etc.

« La chimio m’a traversée comme un accident »

« La chimio m’a traversée comme un accident, ajoute Christelle. L’écriture est devenue ma seule façon de reprendre la main sur un corps qui se délite. Accompagnée de poésie, elle a suivi le rythme du mien, en guerre contre lui-même. Elle m’a permis de dire la douleur, la fatigue, la colère, mais aussi les petites forces de la vie qui malgré tout, surgissent parfois ».
Là où beaucoup de livres sur la maladie cherchent à rassurer, celui de Christelle Lacassagne bouscule et part au combat. Il refuse tout poncif ou récit édifiant, comme le courage obligatoire ou la douleur spectaculaire. « Mon livre ne dit pas comment on guérit, mais comment on reste debout, assène-t-elle avec force. Ce n’est pas un témoignage, c’est une traversée, une autopsie vivante avec un corps qui fuit, qui brûle et dysfonctionne avec une ironie féroce et une poésie radicale. L’humour n’adoucit rien, il permet seulement de tenir. Je ne cherche pas à donner du sens, mais à dire ».
Véritable exutoire, ce livre est un cri de haine envers la maladie, mais également, un formidable cri d’espoir.

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Illustré par des photos de Gilles Moussinac, « Corporicide » est en vente dans toutes les librairies de la ville. 15,90 €.
Christelle Lacassagne dédicacera son ouvrage samedi 17 janvier de 10 à 18 heures au centre culturel de Capdenac-le-Haut. Puis aux espaces culturels d’Onet-le-Château le 31 janvier, Montauban les 14 février et Albi le 28 février, avant de le dédicacer au salon du livre de Lissac-et-Mouret le 15 mars.