Mohed Altrad retente sa chance. Le milliardaire, patron du groupe de BTP du même nom et du club de rugby de Montpellier (MHR), a annoncé jeudi sa candidature à l’élection municipale à Montpellier, six ans après avoir atteint la troisième marche du podium lors du précédent scrutin.
« À un moment où beaucoup choisissent le confort, j’ai choisi le combat : j’ai décidé de me présenter comme candidat pour être le prochain maire de Montpellier », a déclaré l’homme d’affaires français né en Syrie devant quelque 500 personnes réunies dans une salle dans le sud Montpellier, dont la conseillère municipale et ancienne ministre macroniste aux Anciens combattants Patricia Mirallès.
« Cette ville a besoin qu’on la relève. Montpellier a besoin d’un bâtisseur », a ajouté le septuagénaire d’une voix posée, en promettant de « démanteler le système » d’une mairie « gérée comme une section du Parti socialiste », en référence au maire PS Michaël Delafosse.
« Ville zéro chômeur »
Le chef d’entreprise a aussi pris « l’engagement de créer 30 000 emplois » pour faire de Montpellier « une ville zéro chômeur ». « Je mettrai en place un couvre-feu à partir de 22h00 pour les mineurs de moins de 16 ans » et la « cantine sera gratuite » pour tous les enfants, a-t-il ajouté dans son discours de 26 minutes.
La gratuité des transports en commun est un « acquis, on va le garder », a affirmé Mohed Altrad, en promettant d’assainir les finances et de revoir le plan de circulation pour éradiquer les bouchons.
Le projet controversé, porté par la métropole, d’implanter aux portes de Montpellier une unité de traitement « CSR » (pour combustibles solides de récupération) « sera abandonné définitivement », a-t-il aussi promis.
Démission du conseil municipal
Lors de sa première candidature, Mohed Altrad était arrivé troisième au premier tour (13,3 %), derrière le maire divers gauche sortant Philippe Saurel (19,11 %) et le socialiste Michaël Delafosse (16,66 %).
Au second tour, après avoir conclu une étonnante alliance avec l’humoriste Rémi Gaillard (arrivé 4e) et deux listes de gauche, il avait recueilli 18,12 %, largement battu par Michaël Delafosse, élu avec 48,34 %, et Philippe Saurel (24,65 %). Il n’a jamais siégé au conseil municipal, dont il a démissionné sans explication en septembre 2024.
En décembre 2022, Altrad avait été reconnu coupable par le tribunal correctionnel de Paris d’avoir noué un pacte de corruption avec l’ex-patron de la Fédération française de rugby, Bernard Laporte. Il avait écopé d’une peine de 18 mois d’emprisonnement avec sursis et 50 000 euros d’amende. Tous les deux doivent être rejugés en appel en septembre 2026.