Alors que le gouvernement Lecornu se débat dans des débats budgétaires énergivores et sans fin, la souveraineté de la France est quant à elle gravement attaquée à Bruxelles et à Strasbourg. De quoi s’agit-il ? Le Parlement européen veut confier à la Commission européenne le pouvoir d’imposer son contrôle sur les exportations d’armements des pays membres de l’Union européenne, via un amendement. « La situation en matière de sécurité exige d’établir de manière cohérente des procédures d’approbation et de certification réglementées au niveau de l’Union européenne pour les nouvelles installations de production et les licences d’exportation pour les produits de défense », est-il écrit dans le rapport publié un peu avant Noël (22 décembre) sur la proposition de modification des directives 2009/43/CE et 2009/81/CE (simplification des transferts intra-UE de produits liés à la défense et simplification des marchés de sécurité et de défense).
Cet amendement est une véritable provocation envers les intérêts de la France, le « contrôle export » est une question d’intérêt vital pour elle. La France est, sur les cinq dernières années, le deuxième exportateur mondial d’armement, (loin) derrière les États-Unis. Pour autant, la modification de la directive 2009/81/CE souhaitée dans un premier temps par la Commission européenne puis le Parlement, n’est pas encore entérinée. La France peut s’y opposer fermement même s’il semble qu’elle perd de plus en plus ses combats à Bruxelles.
Pour la France et très certainement d’autres pays, ce texte sera considéré comme un abandon en rase campagne de leur autonomie stratégique et de leur souveraineté. Ce qui impactera leur politique en matière de relations internationales et les partenariats stratégiques qu’ils ont pu signer avec des pays tiers comme celui entre la France et les Émirats arabes unis par exemple. Si cet amendement porté par les rapporteurs finlandais Pekka Toveri (PPE) et Anna-Maja Henriksson (Renew) était adopté, il freinerait de façon très pragmatique les ambitions de la France en matière d’exportations de systèmes d’armes, qui seraient autorisées à Bruxelles après avoir été recommandées par des cabinets de lobbying étrangers, qui pullulent dans les couloirs de la Commission.