Dormir 5 minutes de plus, faire 2 minutes de plus d’exercice par jour et manger davantage de légumes permettrait de prolonger la vie d’un an.

Unsplah / Vitaly Gariev

Dormir 5 minutes de plus, faire 2 minutes de plus d’exercice par jour et manger davantage de légumes permettrait de prolonger la vie d’un an.

Bonne nouvelle pour celles et ceux qui auraient prévu d’adopter une hygiène de vie plus saine en 2026 : nul besoin de renoncer à tous les aliments plaisir, de multiplier les séances d’exercice ou de se coucher dès 21 heures pour améliorer sa santé : de simples petits changements dans ses habitudes de vie peuvent aussi avoir un impact significatif sur la longévité.

C’est la conclusion à laquelle sont parvenus des chercheurs de l’Université de Sidney, en Australie. Dans une étude publiée dans la revue médicale The Lancet, ils démontrent que la combinaison de changements dans l’alimentation, le sommeil et l’activité physique pourrait prolonger la vie d’une année.

« Cinq minutes de sommeil supplémentaires par jour, environ deux minutes d’activité physique d’intensité modérée à vigoureuse en plus – comme une marche rapide ou monter un escalier – combinées à une demi-portion supplémentaire de légumes par jour, sont liées à une année de vie supplémentaire », développe auprès de New Scientist Nicholas Koemel, chercheur à l’Université de Sydney, en Australie, et auteur principal de l’étude.

Un effet combiné qui augmente la longévité

S’il n’est pas surprenant que davantage de sommeil, d’activité physique, et une meilleure alimentation soient liés à une augmentation de la longévité et à une réduction des risques de maladie, cette étude est la première à examiner les effets combinés de ces petits changements.

Elle est aussi basée sur l’étude d’un large échantillon : 60 000 personnes inscrites à la cohorte UK Biobank, recrutées entre 2006 et 2010, et âgées de 40 à 69 ans, et suivies pendant huit ans en moyenne. Les participants, qui portaient des capteurs d’activité au poignet pour mesurer exercice et sommeil, ont également rempli régulièrement des questionnaires pour déterminer la fréquence de leur consommation de différents types d’aliments.

Grâce aux données recueillies, les chercheurs ont pu identifier les 5 % de participants ayant les modes de vie les moins sains : activité physique nulle ou très faible, peu de sommeil, alimentation déséquilibrée.

Pour ces participants en particulier, de petits changements peuvent faire toute la différence. En utilisant un modèle statistique, les auteurs ont en effet constaté que, comparativement aux participants les moins en forme, ceux qui dormaient environ 5 minutes de plus par jour, pratiquaient une activité physique pendant environ 2 minutes de plus et consommaient davantage de légumes vivaient en moyenne un an de plus. « En combinant plusieurs changements de mode de vie, on obtient un meilleur résultat et on réduit l’effort global requis pour chaque comportement pris individuellement », explique Nicholas Koemel.

Ces petits changements sont d’autant plus encourageants qu’ils permettent aussi d’allonger l’espérance de vie en bonne santé. C’est-à-dire des années sans affections chroniques comme le diabète de type 2, la démence ou une maladie cardiovasculaire. « Les individus pourraient non seulement gagner en espérance de vie, mais aussi améliorer leur qualité de vie ; c’est une découverte formidable », assure Nicholas Koemel.

Des résultats à ne pas surinterpréter

Évidemment, cette étude présente des limites. Les résultats qu’elle fournit ne concernent ainsi que les personnes ayant au départ un mode de vie malsain, avec peu de sommeil, peu d’exercice et une alimentation déséquilibrée. Et ce n’est qu’après une nette amélioration de leur mode de vie que les résultats sont devenus significatifs.

« Tous les gains rapportés dans cette étude sont théoriques, reconnaît Nicholas Koemel auprès de CNN. Nous ne pouvons pas établir de lien de causalité direct avec les changements de mode de vie. Ces résultats doivent donc être interprétés comme des bénéfices attendus ou projetés dans le cadre de variations comportementales supposées, plutôt que comme des effets confirmés d’une intervention. »

Interrogé par le média américain, le cardiologue Andrew Freeman, qui n’a pas participé à l’étude, invite à ne pas surinterpréter ces résultats : non, ne faire que 2 minutes d’exercice par jour n’aura pas d’effet à long terme sur la santé ou la longévité. « Il est plutôt conseillé de viser 20 à 30 minutes d’activité physique soutenue et intense chaque jour, en combinant renforcement musculaire et cardio. Ce conseil est resté inchangé malgré des décennies d’études », rappelle-t-il.

De son côté, Nicholas Koemel confirme que des recherches supplémentaires sont nécessaires, en particulier pour déterminer la durée pendant laquelle les modifications du mode de vie doivent être appliquées avant d’apporter des bénéfices.