Des centaines de commentaires. Le projet présenté a engendré un nombre considérable de réactions sur les réseaux sociaux. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elles sont très contrastées. Et pour l’essentiel, plutôt défavorables. L’expression « Tout ça pour ça » revient régulièrement, comme pour illustrer la déception de nombre de Seynois qui s’expriment. Beaucoup regrettent en premier lieu l’absence d’un cinéma, attendu depuis bien des années dans la deuxième ville du Var.

Le projet conservera les deux principales nefs du bâtiment. La plus petite, à droite sur l’image, sera détruite et remplacée par une construction ajourée.

Un équipement jugé « plus urgent » et « plus utile » qu’un musée, un hôtel, un spa ou un restaurant… D’autres évoquent au passage la piscine (fermée depuis novembre 2022), lassés d’attendre sa réouverture.

Nombreux sont d’ailleurs ceux qui pensent que le projet présenté n’est pas « ancré dans le quotidien des Seynois », qu’il ne « répond pas » à leurs attentes, en particulier les jeunes. Avec cette réflexion récurrente : « Pourquoi la population n’a-t-elle pas été consultée ? ». D’autres pointent aussi les délais puisque la livraison du complexe n’aurait pas lieu (au mieux) avant fin 2030. Du reste, beaucoup s’interrogent sur le « timing », estimant « étonnant » que ce projet soit présenté à quelques semaines des élections municipales, avec l’éventualité que si la majorité bascule, le projet pourrait être en partie… ou totalement revu.

Certains candidats aux élections municipales y pensent-ils déjà ? Nous leur avons demandé leur avis.

Olivier Andrau (PS) : « Est-ce réellement ce que les habitants demandent aujourd’hui ? »

« Musée, spa, hôtel : est-ce réellement ce que les habitants demandent aujourd’hui ? Ce projet souffre d’un manque total de concertation préalable. Nous défendons au contraire une démarche fondée sur la participation des habitants. Nous regrettons notamment l’absence d’espaces au bénéfice direct des Seynois, comme la création d’un tiers-lieu ouvert à tous. Et nous affirmons notre volonté de porter un véritable projet de cinéma, au-delà du seul périmètre de l’atelier mécanique. »

Jean-Pierre Colin (DVD) : « Rien n’est bien clair quant au budget de fonctionnement… »

«Rien n’est bien clair quant au budget de fonctionnement de ce projet. Hôtel, bureaux, restaurants, parking, musée inclusif rappelant l’histoire du site doivent bien entendu être présents. L’attrait commercial doit être complémentaire d’une cathédrale d’images, style Carrière des lumières, telle que je l’avais imaginée il y a 6 ans. Je précise par ailleurs qu’un projet de cinéma, prêt et financé dans mon programme municipal, est prévu à côté du stade Marquet. »

Frédéric Dailleau (SE) : « Ce projet ne répond pas aux besoins des Seynois »

« Nous sommes face à un projet pharaonique, coûteux, qui, même s’il est majoritairement financé par des fonds privés, ne répond pas aux besoins réels des Seynois. Si je suis élu, nous serons en capacité de stopper ce projet et porterons un projet citoyen avec un musée dédié à la mémoire des chantiers, des locaux associatifs et l’étude d’un partenariat pour un cinéma. Il est temps d’en finir avec les projets déconnectés et de revenir aux besoins concrets du terrain. »

Cheikh Mansour (Horizons) : « Un beau projet mais il faudrait y inclure un cinéma »

« C’est un beau projet, ambitieux et attendu. Je regrette toutefois qu’un cinéma réclamé depuis longtemps par de nombreux Seynois n’ait pas été intégré. Si je suis élu, je demanderai une modification afin de l’inclure. Ce projet permettra de requalifier l’ensemble du secteur et de créer de nouveaux emplois. À ce titre, c’est une avancée majeure dont on ne peut que se réjouir à condition qu’elle reste à l’écoute des attentes des habitants. »

Dorian Munoz (RN) : « Nous portons un projet d’envergure internationale »

« C’est une imposture politique. Depuis six ans, un entrepreneur seynois porte seul un projet ambitieux sur ce site des anciens chantiers navals. Aujourd’hui, il a porté plainte contre la mairie pour plagiat. De plus, cette manœuvre électorale grossière devra être intégrée aux comptes de campagne du candidat Minnitti. De notre côté, nous portons un projet d’envergure – La Cité de la Mer et la Grande galerie Mare Nostrum – avec cette ambition : créer un “Mucem des mers et des océans”. »

Christophe Peurière (DVD) : « Seule la future majorité pourra décider de l’avenir du site »

« Le projet qui vient d’être dévoilé est un énième mirage. Depuis plus de 30 ans, de multiples projets infaisables ont fait l’objet d’intenses communications politiques. Sans lendemain. Par ailleurs, je suis élu et j’apprends le projet par la presse. Est-ce normal ? Je suis élu et je n’ai jamais voté le moindre budget sur ce projet. Est-ce normal ? (…) Je refuse de cautionner une procédure qui n’a aucun avenir. Seule la future majorité pourra décider de l’avenir de l’Atelier mécanique. J’aurai l’occasion de livrer nos idées sur ce site au cours de la campagne ».

Stéphane Sacco (DVG) : « La partie muséologique apparaît sérieuse mais… »

« Rien n’indique qu’il ne s’agit pas d’un énième effet d’annonce avant l’élection. Si la partie muséographique apparaît sérieuse, son projet porteur, lui, n’est pour l’instant qu’à l’état gazeux. Pour notre part, nous considérons que le pôle industriel constitué les deux anciens ateliers de la Mécanique et des Chaudières/Escalators doit accueillir des activités économiques porteuses d’emplois orientées vers les métiers et technologies du cinéma et du spectacle vivant. »

Zohra Sidi Dris (LFI) : « Un projet conçu sans la moindre concertation »

« Nous déplorons l’opacité dans laquelle la majorité municipale scelle l’avenir de notre ville, sans la moindre concertation. C’est précisément avec cette gouvernance verticale et hermétique que nous entendons marquer une rupture définitive. Concernant l’Atelier mécanique, notre ambition est de créer une Maison de la culture, un pôle d’excellence avec une offre cinématographique d’art et d’essai (en coopération avec Six N’étoiles), une scène théâtrale et des infrastructures dédiées au tissu associatif. Notre projet sera soumis à une consultation citoyenne ».