Deux gérantes d’un salon de massage du centre-ville de Rouen étaient jugées jeudi 15 janvier pour proxénétisme, blanchiment et travail dissimulé. Ces ressortissantes chinoises proposaient des prestations sexuelles à leurs clients. L’une a été relaxée, l’autre condamnée à une peine sous bracelet électronique.

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Tout est parti d’un courrier anonyme adressé à la police. Dans cette lettre, le Floris Beauté, un salon de massage de la rue de la Savonnerie en plein centre de Rouen, est accusé de pratiquer des actes sexuels tarifés. Après plusieurs jours de surveillance, les enquêteurs constatent en effet un « défilé d’hommes », comme le relatait un commerçant voisin auprès de France 3 Normandie.

Interrogés, ces derniers reconnaissent avoir bénéficié d’un « massage royal », une prestation qui se termine le plus souvent par une masturbation. La « finition manuelle » était facturée 20 euros. Autre preuve accablante : le numéro de téléphone inscrit sur la vitrine du salon est référencé sur plusieurs sites explicites.

Les enquêteurs découvrent la présence dans ce salon de deux gérantes et d’une employée, toutes trois de nationalité chinoise.

Lors de l'audience, l'une des gérantes a reconnu que des clients avaient bénéficié d'actes sexuels dans son établissement

Lors de l’audience, l’une des gérantes a reconnu que des clients avaient bénéficié d’actes sexuels dans son établissement

© France Télévisions

Les deux gérantes âgées de 44 ans et 23 ans avaient été placées en garde à vue le 25 novembre. Elles étaient renvoyées ce jeudi 15 janvier devant le tribunal correctionnel de Rouen pour proxénétisme, blanchiment et travail dissimulé. L’employée a quant à elle été reconnue comme victime. Elle n’était donc pas jugée.

Lors de l’audience, la plus âgée des deux, connue des services de police pour des faits similaires commis en 2016 et condamnée à 3 ans de prison, a reconnu des acte sexuels au sein de son établissement tout en niant en être la commanditaire. De son côté, la plus jeune a assuré qu’elle ne prenait pas de décision pour le salon.

Tout au long de l’audience, les deux femmes de nationalité chinoise n’ont eu de cesse de citer une certaine « Madame Chen », absente lors de l’audience. L’enquête n’a pas permis de la localiser.

Existe-t-elle vraiment ? En tout cas, l’avocate des deux prévenues a regretté que le parquet n’ait pas convoqué cette fameuse Madame Chen. « C’est elle l’instigatrice de ce salon », martèle Maître Jacqueline Niga.

Pourtant, les deux prévenues ont affirmé qu’elle était domiciliée en région parisienne. Elle serait même venue sur place à Rouen pour « leur montrer comment faire » et aurait même envoyé des SMS à la plus jeune d’entre elle pour la contraindre à réaliser le maximum de masturbations rémunérées.

Les deux gérantes du salon de massage étaient renvoyées devant le tribunal correctionnel de Rouen pour des faits de proxénétisme

Les deux gérantes du salon de massage étaient renvoyées devant le tribunal correctionnel de Rouen pour des faits de proxénétisme

© France Télévisions

La prévenue de 23 ans, étudiante à Rouen depuis 5 ans, a été relaxée. L’autre gérante de 44 ans a en revanche été condamnée à 10 mois de prison sous bracelet électronique, 5 000 euros d’amende et une interdiction de gérer un établissement public pendant 5 ans.

En janvier 2026, un autre salon de massage rouennais, situé rue de la République et accusé lui aussi d’activités illicites, avait été fermé à la suite d’un contrôle des autorités.