« Halte à l’intensification de la répres­sion contre le mou­ve­ment syn­di­cal pay­san ». Tel était le mot d’ordre de la Confédération pay­sanne, à l’oc­ca­sion de ras­sem­ble­ments orga­ni­sés en Isère le jeudi 15 jan­vier 2026 au soir. L’un s’est tenu devant les locaux de la sous-pré­fec­ture de La-Tour-du-Pin, l’autre devant la pré­fec­ture à Grenoble. En cause ? Le pla­ce­ment en garde à vue de plu­sieurs syn­di­ca­listes, la veille, en marge de mani­fes­ta­tions à Paris.

En tout, 52 repré­sen­tants syn­di­caux pay­sans, dont quatre isé­rois, ont été appré­hen­dés par les forces de l’ordre. Et ceci, selon la pré­fec­ture de Paris, pour avoir péné­tré sans auto­ri­sa­tion dans l’en­ceinte exté­rieure d’une annexe du minis­tère de l’Agriculture, comme le rap­porte (entre autres) Le Figaro. De son côté, la Conf” pay­sanne dénonce des « arres­ta­tions arbi­traires » sur­ve­nues au cours d’une « mani­fes­ta­tion paci­fique ».

La Conf' paysanne appelait à la mobilisation devant la préfecture de l'Isère pour dénoncer le placement en garde à vue d'une cinquantaine de syndicalistes paysans, dont quatre Isérois. © Confédération paysanne de l'Isère - Facebook

La Conf” pay­sanne appe­lait à la mobi­li­sa­tion devant la pré­fec­ture de l’Isère pour dénon­cer le pla­ce­ment en garde à vue d’une cin­quan­taine de syn­di­ca­listes, dont quatre Isérois. © Confédération pay­sanne de l’Isère – Facebook

Le syn­di­cat sou­ligne par ailleurs une inéga­lité de trai­te­ment en fonc­tion des orga­ni­sa­tions. « On ne peut pas, d’un côté, dérou­ler le tapis rouge aux 400 trac­teurs de M. Rousseau [pré­sident de la FNSEA, ndlr] venus défi­ler en plein Paris ce lundi pour défendre l’agro-industrie […] et, de l’autre, arrê­ter des res­pon­sables syn­di­caux venus exer­cer leur droit fon­da­men­tal à la pro­tes­ta­tion ! », s’in­digne la Confédération pay­sanne. Qui rap­pelle prô­ner « un modèle agri­cole et ali­men­taire dif­fé­rent » de la FNSEA.

Une cin­quan­taine de per­sonnes se sont retrou­vées devant la pré­fec­ture de l’Isère. Une mobi­li­sa­tion (noc­turne) qui a fait chaud au cœur au syn­di­cat. Parmi les sou­tiens à sa cause, le séna­teur de l’Isère Guillaume Gontard a mani­festé sa colère sur les réseaux sociaux : « Soutien aux pay­sannes et pay­sans qui luttent paci­fi­que­ment. 52 gardes à vue, c’est du jamais vu, c’est une atteinte grave au droit de mani­fes­ter, à l’action syn­di­cale et à la démo­cra­tie », a ainsi déclaré le parlementaire.

Au-delà des gardes à vue, qui ont duré dix-huit heures avant la remise en liberté des syn­di­ca­listes, la Confédération pay­sanne entend conti­nuer à por­ter son oppo­si­tion à l’a­dop­tion du traité entre l’Europe et le Mercosur, sujet majeur de mécon­ten­te­ment. Avec un mes­sage clair, pour s’op­po­ser à un dis­cours jugé domi­nant : rien n’est joué. Le syn­di­cat rap­pelle en effet que 113 euro­dé­pu­tés sont encore indé­cis alors que le vote est prévu le mer­credi 21 jan­vier 2026.