Le Rassemblement national représente « l’anti-Marseille », a jugé auprès de l’AFP le maire de la cité phocéenne Benoît Payan, candidat à sa propre succession dans la deuxième ville de France où Marine Le Pen vient ce vendredi 16 janvier soutenir le candidat du parti d’extrême droite aux municipales.

L’ancienne candidate à l’élection présidentielle sera « l’invitée d’honneur » de la cérémonie des vœux organisée par Franck Allisio, député RN des Bouches-du-Rhône et candidat à la mairie de Marseille.

« Tout dans l’ADN de la ville dit le contraire de ce que ces gens racontent. Tout dans l’histoire de la ville dit le contraire de ce qu’est le Rassemblement national. Le Rassemblement national, c’est le parti anti-Marseille. Franck Allisio, c’est le parti anti-Marseille », a fustigé Benoît Payan, accusant également Marine Le Pen d’être « anti-Marseille ».

« Il y a quelque chose qui ne colle pas entre les mots et les actes »

Pour l’élu divers gauche, qui a récemment officialisé sa candidature pour un second mandat à la mairie, Marine Le Pen « a choisi cette ville dans un moment particulier pour en faire le marchepied de son ambition présidentielle ».

Benoît Payan a aussi fustigé un récent amendement proposé par le RN et voté à l’Assemblée nationale, réduisant de 4,9 milliards d’euros la dotation globale de fonctionnement (DGF) versée aux collectivités territoriales, en particulier aux régions – et qui pourrait selon l’édile coûter à Marseille 50 millions d’euros. « De venir ici, devant les Marseillais, pour leur dire je vous aime et je vais m’occuper de vous, il y a quelque chose qui ne colle pas entre les mots et les actes. »

Dénonçant « des propos racistes, xénophobes », le maire a critiqué un tract publié par l’équipe de Franck Allisio sur les réseaux sociaux. Sur ce document du RN, présentant une hypothétique équipe municipale de Benoît Payan, il y a un « premier adjoint en charge de l’insertion des dealers », une « adjointe en charge de la préférence algérienne », un « adjoint en charge des relations avec les islamistes ».

Invitant ses électeurs à l’événement de vendredi, Franck Allisio se réjouissait de la venue de la présidente des députés RN : « Marine Le Pen nous fait l’honneur, l’amitié d’être à mes côtés pour mes vœux. »

« Parce que Marine a toujours défendu les Français avec courage et conviction, elle sait le combat que nous menons ici contre l’insécurité, le clientélisme, l’insalubrité et le déclin économique », est-il indiqué sur le site d’inscription à l’événement.