Sur l’île de Nantes (Loire-Atlantique), Imago ne sera pas un immeuble de bureaux de plus. Face au futur CHU, sur l’ancienne emprise du tiers-lieu éphémère Labo Diva, ce projet prolonge une histoire plutôt qu’il ne la remplace. La consultation n’était déjà pas tout à fait comme les autres. Lancée en 2024 par la Samoa, aménageur de l’île de Nantes et propriétaire de la parcelle, elle exprimait une attente claire : constituer un groupement associant promoteur et futurs occupants, capables de porter un projet collectif. « L’objectif était de pousser fortement le réemploi avec un niveau minimum de 5 % en récupérant les matériaux de déconstruction de Labo Diva que nous avons stockés, mais aussi de travailler la question du cœur d’îlot en lien avec la Centrale [un incubateur d’entreprises de la Samoa, NDLR], raconte Enzo Miottini, chef de projet à la Samoa et délégué à la qualité architecturale de l’île de Nantes. En pleine crise immobilière, nous avons peu de candidats mais les dossiers reçus étaient tous très intéressants. »

« Un lieu qui grouille »

Imago, le projet retenu, est porté par trois maîtres d’ouvrage qui occuperont l’immeuble pour leurs propres besoins : Magnum Architectes & Urbanistes, les artisans designers de Studio Katra et le promoteur Attyque. Ils s’appuient sur une équipe de maîtrise d’œuvre pluridisciplinaire conduite par Magnum avec R-Use (réemploi), Atelier Franck Boutté (ingénierie et environnement), le groupe Ascia (structure et économie), ETSI (charpente métallique), Tual (fluides) et l’Atelier Campo (paysage). « Lors de l’audition, nous avons annoncé que nous voulions faire un lieu qui grouille, explique Quentin Hodé, architecte associé chez Magnum. L’expression a surpris mais nous la revendiquons. Nous voulons que ça grouille sur l’extérieur avec de l’activité, comme de l’artisanat et un restaurant, mais aussi à l’intérieur, et que cet immeuble soit une sorte de machine à faire la ville par nos métiers respectifs. » L’opération entend favoriser les synergies entre les acteurs de l’acte de construire, croisant conception, fabrication et usages dans un édifice composé de deux grandes parties. L’atelier réunira les expertises de Studio Katra et sa menuiserie, la Fabrique artisanale d’aménagement du territoire (Faat) – une halle de coworking réunissant peintre, urbaniste, sérigraphe, menuisier… – et les bureaux de l’agence Magnum. La tour de huit étages accueillera un restaurant et une salle à manger commune au rez-de-chaussée. Au premier étage, un écosystème dédié au secteur du bâtiment verra le jour autour de l’association Novabuild avec des bureaux partagés pour les indépendants du bâtiment et une grande salle de réunion mutualisée. « Les sept niveaux supérieurs proposeront un plateau de bureaux lumineux (140 à 180 m² divisibles) avec loggia ou terrasse pour 4 100 euros/m2 », détaille Teddy Poizat, fondateur d’Attyque. Le cœur d’îlot paysagé a été conçu par Campo comme un « jardin en mouvement » qui évoluera dans le temps.

Le chantier de 6 M€ HT devrait démarrer cet été. Il mettra en œuvre plusieurs solutions constructives avec 7,5 % de matériaux issus du réemploi, comme des briques qui recouvriront le socle en béton, une partie de la structure métallique de la tour récupérée de l’ancien bâtiment et un bardage bois avec Articonnex qui recherche des gisements.