Une habitude née presque par
hasard
Tout commence par un geste
anodin. Une pièce trouvée par terre, puis une autre, glissée
machinalement dans une poche. Pour Otha Anders, un Américain
aujourd’hui retraité, cette habitude devient rapidement un rituel
quotidien. Chaque centime croisé sur son chemin est conservé, sans
objectif précis au départ, sinon celui de ne pas le gaspiller.
Avec les années, ce réflexe se
transforme en véritable routine. Lors de ses achats, il demande
parfois à récupérer la monnaie en pièces de un cent. Non par
obsession de l’argent,
mais par goût du geste répété, presque méditatif. Comme il
l’expliquera plus tard, ces trouvailles lui rappellent surtout
l’importance de la gratitude et de l’attention portée aux petites
choses.
Une collection qui prend des
proportions inattendues
Au fil du temps, les pièces
s’accumulent. La tirelire classique devient vite insuffisante. Otha
opte alors pour des contenants bien plus imposants, des bonbonnes à
eau semblables à celles utilisées dans les bureaux. Année après
année, ces récipients se remplissent, jusqu’à occuper une place
entière dans son quotidien.
Ce qui surprend le plus ses
proches, c’est la régularité de la démarche. Pendant des décennies,
il ne dévie jamais de sa règle. Un centime trouvé est un centime
conservé. Une discipline discrète, sans tableau Excel ni objectif
chiffré, mais avec une constance impressionnante.
Le jour où il faut faire les
comptes
Après 45 ans, vient enfin le
moment de la curiosité. Combien représentent réellement toutes ces
pièces accumulées ? Direction la
banque, accompagné de plusieurs amis, avec pas moins
de 55 bonbonnes pleines à ras bord. Les employés, d’abord
interloqués, comprennent vite qu’il faudra sortir les grands
moyens.
Impossible de compter tout
cela à la main. Des machines spécialisées sont mobilisées et le
processus dure près de cinq heures. Le résultat tombe enfin : un
peu plus de 5 100 dollars. Une somme loin d’être dérisoire, issue
uniquement de pièces d’un cent mises de côté sans effort financier
conscient.
Une
leçon d’épargne à petite échelle
Cette histoire n’a rien d’un
conseil financier miracle. Elle rappelle simplement qu’une épargne
régulière, même minime, peut produire des résultats concrets sur la
durée. Des organismes comme la Banque de France ou l’Institut pour
l’éducation financière du public soulignent d’ailleurs souvent
l’importance des petits gestes répétés pour instaurer une culture
de l’épargne.
Au final, ce pactole servira à
régler des frais médicaux. Une utilisation très concrète, à l’image
de la démarche qui l’a rendu possible : modeste, patiente et
étonnamment efficace.