Le Mercosur, accord commercial
entre le
Brésil, l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay avec l’Union
européenne, fait régulièrement parler de lui. Destiné à faciliter
les échanges commerciaux, cet accord suscite de vives inquiétudes,
notamment dans le secteur agricole français, en raison de
l’importation de produits alimentaires brésiliens.
Auditionné par les députés,
Thierry Cotillard, patron d’Intermarché,
n’a pas mâché ses mots sur la nécessité d’une transparence totale
sur l’origine des produits. Selon lui, les consommateurs doivent
pouvoir faire leurs choix en toute connaissance de cause.
Transparence et engagement : la
position d’Intermarché
« L’accord du
Mercosur, bien évidemment, en est le plus bel exemple. J’ai
envie de vous dire, chacun prendra ses responsabilités. Le premier
à prendre ses responsabilités, c’est celui qui mettra sur le marché
ces produits », a affirmé Thierry Cotillard. Depuis deux ans,
Intermarché et les Mousquetaires ont pris position : aucun produit
brut de poulet ou de viande importé du Mercosur ne sera proposé
dans leurs boucheries ou points de vente.
Le dirigeant précise que cette
décision s’étend également aux produits industriels. « Beaucoup
de débouchés sont dans les produits industriels, et donc aurait pu
avoir la tentation de dire qu’on fait l’annonce que sur les
produits bruts. On ira plus loin, c’est-à-dire que
les plats préparés n’en auront pas non plus. Ça, c’est l’engagement
qu’on a pris », insiste-t-il.
Thierry
Cotillard : « ce n’est plus une option »
Pour Thierry Cotillard, il est
désormais indispensable que les industriels affichent clairement
l’origine des produits. Il appelle les députés à rendre cette
information obligatoire, et non plus optionnelle. « Il faut
peut-être se dire que maintenant, avec le Mercosur, ce n’est plus
une option. Je vous invite vraiment, Messieurs les députés,
Mesdames les députés, à l’imposer », a-t-il
souligné.
Avant d’ajouter : « C’est à dire qu’au même moment, il y a
deux minutes, je vous disais : « on en a marre, il y a trop de
réglementation ». Mais là je vous dis ces choses-là, allez y, nous,
on est industriel. Moi, ça me coûte aussi d’assurer un steak haché
qui soit de qualité, qui n’a rien à voir avec ce qui va arriver du
Brésil. Par contre, imposez moi de l’afficher comme ça. Moi, je
jouerais à armes égales avec ceux qui, évidemment, ont aucun
intérêt parce qu’ils sont allés voir ailleurs. »