Les dix jours de grève des médecins libéraux, engagées dans un bras de fer avec le gouvernement, ont occasionné de fortes tensions sur l’hôpital public. En Occitanie, de nombreux établissements ont ressenti un impact direct du mouvement. « Les hôpitaux publics d’Occitanie tiennent le cap », annonce la délégation régionale de la FHF, Fédération hospitalière de France.

Les annonces de la ministre de la Santé Stéphanie Rist, qui renonce notamment à sanctionner les prescriptions jugées excessives d’arrêts maladie, n’ont pas encore fait bouger les lignes. « À ce jour, l’activité demeure élevée et ne montre pas de décroissance immédiate », indique la délégation régionale de la FHF, la Fédération hospitalière de France, dans un communiqué publié ce vendredi 16 janvier.

Engagée le 5 décembre dernier, la grève des médecins libéraux, relayés cette semaine par les chirurgiens, anesthésistes, obstétriciens du privé, a mis une « pression exceptionnelle » sur l’hôpital public.

« Selon une enquête menée par la FHF Occitanie, au moins 15 établissements hospitaliers majeurs de la région (sur 24 répondants) ont activé leur plan hôpital en tension ou leur plan blanc. Sont notamment concernés les CHU de Nîmes, Montpellier et Toulouse, ainsi que les centres hospitaliers de Béziers, Sète, Albi, Tarbes-Lourdes et Perpignan. Ces dispositifs exceptionnels ont permis l’activation progressive des différents niveaux de tension, avec ouverture de lits en médecine et/ou en chirurgie lorsque nécessaire pour absorber le flux de patients », détaille la FHF Occitanie.

Chirurgie orthopédique et gynécologie obstétrique en première ligne

La hausse d’activité a été particulièrement marquée aux urgences, dans le contexte d’épidémies hivernales qui pèse déjà sur les services. Elle a aussi occasionné une « pression exceptionnelle sur certaines spécialités », « en particulier la chirurgie orthopédique et la gynécologie obstétrique ».

Conséquence : « Une sollicitation accrue de l’hôpital public sur plusieurs territoires, notamment en Haute-Garonne, dans l’Hérault, le Gard, le Tarn et les Pyrénées-Orientales ».

Aux urgences, un « pic régional d’activité » a été enregistré le 12 janvier, « avec près de 4 300 passages aux urgences publiques sur l’ensemble de l’Occitanie en une seule journée, soit une augmentation d’au moins 20 % par rapport au lundi précédent ». 541 passages aux urgences ont été enregistrés ce jour-là au CHU de Toulouse, + 30 % par rapport à la moyenne à la même période, qui « a dû ouvrir des lits supplémentaires notamment en maternité pour accueillir les accouchements sur le territoire de la métropole ».

À Montpellier, ce même 12 janvier, 493 passages sont enregistrés aux urgences adultes et pédiatriques « contre environ 350 en temps normal ». La hausse est particulièrement sensible pour les personnes âgées : + 60 % pour les plus de 75 ans. Le Samu a reçu « 16 000 appels sur les dix derniers jours ».

Aux urgences de Béziers, c’est + 25 % de passages aux urgences.

« Les soignants ont multiplié les heures supplémentaires »

Les directeurs d’établissements témoignent à la FHF de l’investissement de leurs équipes : « Les urgentistes, les anesthésistes, tous les soignants sont restés à leur poste et n’ont pas hésité à multiplier les heures supplémentaires pour s’assurer que les soins à la population étaient assurés », indique l’un d’eux.

« Des professionnels de jour se sont relayés la nuit pour maintenir l’activité de stérilisation des instruments chirurgicaux, y compris via des coopérations avec d’autres établissements, afin d’éviter les déprogrammations », précise un autre.

Ouverture de lits supplémentaires, engagement des professionnels au-delà de leurs missions, mobilisation renforcée des équipes médicales, soignantes, administratives, techniques… « l’hôpital public a tenu bon », se félicite la FHF.