LA TRIBUNE – Vous vous êtes entretenu en Préfecture avec les bailleurs du département sur la taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) et les mesures de sécurité et prévention dans les quartiers. Qu’est-il ressorti de ces discussions ?
VINCENT JEANBRUN – C’est une réunion extrêmement importante, au-delà même de Marseille en Grand. Nous avons pu évoquer un certain nombre d’outils. En effet, nous permettons une exonération des taxes, ce qui représente pour le département une somme considérable de 12 millions d’euros. Suite à un accord avec les bailleurs, le maire et le préfet, cette somme est ensuite utilisée pour nourrir un certain nombre de politiques publiques dont celles qui concernent la propreté, le cadre de vie dans toutes les résidences sociales du département et évidemment particulièrement à Marseille. Importantes également les questions de tranquillité publique et de sécurité qui passent par deux sujets : la médiation et les groupements inter-bailleurs de sécurité, en s’inspirant de ce qui a pu se passer à Paris, à Montpellier et qui est en cours de développement à Cannes. Ainsi, chacun son rôle et chacun son métier, mais c’est un maillon supplémentaire dans la chaîne qui permet non pas d’aller faire la police là où les choses sont très graves, mais qui peut intervenir pour sécuriser là où la vie dans la résidence est encore à peu près agréable, mais où on peut sentir des fragilités.
Vous avez présenté aujourd’hui quatre décrets déclarant d’intérêt national les opérations de requalification des copropriétés privées dégradées. Quels sont les effets concrets d’une telle labellisation ?
Cette labellisation d’intérêt national dans la rénovation des copropriétés, tenue de haute lutte, est fondamentale. Ce label va changer très concrètement la vie des habitants puisqu’il permettra à l’État de mobiliser tous les moyens juridiques possibles en raccourcissant toutes les procédures, donnant la possibilité d’aller acheter un par un tous les appartements de ces quatre copropriétés de manière à opérer une grande rénovation, une grande réhabilitation. Surtout, cela mobilise de l’argent, 600 millions d’euros.. Nous sommes sur un terrain privé et pourtant, face à la dégradation de ces copropriétés, l’Etat est convaincu d’une chose : il doit intervenir pour ne pas laisser à l’abandon les familles qui y vivent. J’étais dans le quartier de la Maurelette ce matin – quartier marseillais du 15ème arrondissement, NDLR – et les conditions dans lesquelles évoluent les copropriétaires ne sont pas tenables, pas acceptables. Les pouvoirs publics, l’État, la Métropole évidemment, la commune également, vont être aux côtés des habitants pour leur dire « on ne vous laisse pas tomber ».