Les nostalgiques d’Autolib* seront ravis, les sceptiques attendront de voir. Et pour cause : le sujet de la mobilité partagé est un sujet qui s’apparente à l’Arlésienne en Île-de-France. Pourtant, la présidente d’IDFM (Île-de-France mobilités) et présidente de région, Valérie Pécresse, semblait formelle en initiant, mercredi soir, le lancement d’un appel d’offres pour un service de véhicules en libre-service.

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Destiné à des locations de courte et moyenne durée dite « en boucle » (soit avec des véhicules retirés et restitués au même endroit) ce service d’autopartage devrait une flotte de 5 000 unités. Issues de plusieurs segments, allant des utilitaires aux citadines, ces voitures seront progressivement étendues sur le territoire régional après l’avènement de type de 500 premières moutures dès 2027.

Contrer l’autosolisme

Alors qu’au sein de la Métropole, le trafic routier est à l’origine d’une part importante de la pollution atmosphérique (notamment 43% pour les oxydes d’azote (NOx) selon Airparif) et que celle-ci coûte en moyenne 28 milliards d’euros par an (soit 2 200 euros par Francilien), relancer l’autopartage doit venir aider les Franciliens à se passer de voiture personnelle pour certains déplacements ponctuels. En somme, l’objectif est que les Parisiens « puissent se passer d’acheter une voiture » et que les Franciliens « n’aient pas à en acheter deux, voire trois, pour permettre la mobilité des deux conjoints et de leurs enfants », a explicité Valérie Pécresse lors de ses vœux, il y a deux jours.

autopartage cap

Toutefois, la motorisation des véhicules qui seront autopartagés n’a pas été précisée à ce jour, même si le plus logique semblerait d’opter pour de l’électrique voire de l’hybride. De même, les emplacements précis des futures stations doivent encore être décidés en concertation avec les élus franciliens dans le courant de cette année. Autant d’incertitudes qui, espérons-le, n’aboutira pas à la même déconvenue que celle liée au projet avorté des taxis volants à Paris en 2024. Pour rappel, le Conseil d’Etat avait annulé la création d’un héliport sur la Seine, mettant définitivement un terme à l’expérimentation des fameux volocoptères tant désirés par la président de région.

Les acteurs du secteur tiennent à ne pas être oubliés

Suite à l’annonce faite par Valérie Pécresse, le spécialiste européen de l’autopartage, Getaround, a salué « une avancée concrète pour accélérer la mobilité partagée en Île-de-France ». Néanmoins, « pour réussir à changer durablement les usages, il nous semble également important de s’appuyer sur des solutions complémentaires qui ont déjà fait leurs preuves, économiquement soutenables et immédiatement opérationnelles » a aussi noté Marie Reboul, directrice générale de Getaround Europe. Comprendre par là de ne pas occulter l’autopartage entre particuliers, au cœur des activités de la société, qui avance « un déploiement rapide, sans subvention, tout en redistribuant de la valeur aux Franciliens ».

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Outre les 184 véhicules de Getaround mis à disposition en station d’autopartage dans les communes de Paris, Noisy-le-Grand, Montreuil, Sceaux, Ivry-sur-Seine, Arcueil, Rueil-Malmaison, une dizaine d’opérateurs d’autopartage se trouvent labellisés en Île-de-France. On peut ainsi citer les véhicules électriques Clem’, eux aussi en boucle, le réseau Communauto, Share Now et son parc de 600 autos, Free2Move ou encore Citiz, à retrouver à Montreuil et bientôt à Suresnes. En matière de mobilité mutualisée, sur deux-roues cette fois, la région recense des prestataires comme Cityscoot, Cooltra, Yego ou encore Troopy. Il faut dire que, comme le souligne l’Ademe, cité par un livre blanc du Csiam, « le deux-roues, de par sa plus faible empreinte écologique et son encombrement réduit, est un élément majeur de réponse à l’amélioration du trafic urbain et à la réduction de son impact sur le citoyen ».

* service public d’autopartage de voitures électriques en libre-service disponible dans l’agglomération parisienne entre 2011 et 2018.