Elle le fait savoir dans un courrier adressé vendredi 16 janvier à Thomas Cazenave, député Renaissance et candidat aux élections municipales, lequel avait saisi la ministre deux jours plus tôt, le 14 janvier, s’efforçant de la sensibiliser aux problématiques de cohabitation, sur la voie publique, entre toxicomanes, nombreux passants et commerçants. Si la Case est ouverte depuis début 2012, une pétition en ligne appelant à son déménagement, et lancée pas plus tard qu’à l’automne, affiche près de 1 000 signatures. « On a pris le temps de se faire une conviction sur le sujet », dit Thomas Cazenave, « très sensible à l’offre de soins », qui dit avoir rencontré la directrice de la Case et « des gens au CHU ». « On ne veut pas fermer le Caarud. Mais il y a un tel niveau de tension : il n’est pas compatible dans le tissu urbain. »

« On sera très vigilant »

Si la ministre Rist rappelle que la réduction des risques et la prévention des addictions est « un pilier essentiel de notre politique de santé publique », elle donne acte à Thomas Cazenave : « Votre analyse sur la nécessité de repenser l’implantation de l’offre de prise en charge et de prévention en addictologie sur votre territoire est pleinement entendue. » Vendredi après-midi, Thomas Cazenave a bousculé son programme de campagne, à la rencontre de commerçants rue Bouffard, pour s’en aller annoncer la nouvelle à Danielle Pendanx, présidente de l’association des commerçants du quartier Saint-Paul.

« Dire qu’il faut mettre le Caarud à l’hôpital Saint-André, c’est une absurdité »

« Je pense que ça va te faire plaisir… » s’avance Thomas Cazenave, dans le petit atelier de couture, ménageant son effet. « On attendait ça depuis tellement longtemps ! C’est important de savoir que c’est pris en compte. Jusqu’à présent, l’État n’avait rien dit », se réjouit la commerçante, lasse de voir « cette verrue » à l’entrée du quartier. Et de prévenir : « Maintenant que la ministre s’est engagée, on sera très vigilant. »

« Attiser les peurs »

Car la question de la relocalisation de la Case, qui a vocation à être au plus près des publics toxicomanes, entre cours Victor-Hugo et rue Sainte-Catherine, reste entière. Maire-adjoint du quartier centre et adjoint en charge de la sécurité, Marc Etcheverry l’assure, « nous prendrons notre part s’il y a un travail mené pour les évolutions des Caarud en ville ». Conscient des « sujets tranquillité et dynamique commerciale », l’adjoint pose avant tout la question de la « juste jauge » du site, et donc de sa surfréquentation.