Le Collectif Soutiens/Migrants Croix-Rousse accuse ce vendredi la préfecture du Rhône de « brutaliser », la Métropole de Lyon de « se défausser » et la Ville de Lyon de « se faire discrète », après la fin de la mise à l’abri de mineurs isolés installés au campement du jardin des Chartreux.
Selon le collectif, le déclenchement du plan grand froid le 30 décembre dernier avait fait naître « une lueur d’espoir » pour ces jeunes « que la Métropole de Lyon refuse de prendre en charge, car elle estime qu’ils ne peuvent pas prouver leur minorité ». Le dispositif s’est finalement refermé sur « une nouvelle remise à la rue » ce mardi au terme de deux semaines de mise à l’abri au gymnase Chanfray.
A l’approche de l’échéance, le collectif affirme avoir sollicité à plusieurs reprises la Métropole et la Ville, notamment avec Médecins du Monde, pour « travailler à des solutions d’hébergement » : « Aucune réponse », selon le communiqué.
Lundi soir, il est indiqué que la Ville aurait été prête à prolonger la mise à disposition du gymnase, mais que la Métropole et la préfecture auraient refusé de financer plus longtemps l’encadrement par l’Armée du Salut. Le lendemain, mardi à 6 heures, les forces de l’ordre étaient présentes au gymnase Louis Chanfray.
Faute de solution, le collectif dit avoir rendu publique dès l’après-midi, l’occupation de locaux « vides et sans usages depuis des années » dans un bâtiment place Chardonnet sur les pentes de la Croix-Rousse. Et s’étonne de la réponse donnée par les autorités, qui ont procédé à une intervention des forces de l’ordre. Une évacuation « à jets de gaz lacrymogène et à coups de boucliers ». Avec le vice-président LFI de la Métropole, Florestan Groult, « fortement bousculé ».
Aujourd’hui, il y a de nouveau plus d’une centaine de jeunes au campement des Chartreux.
« La Métropole se défausse » donc, comme l’accuse le collectif, qui estime que l’exécutif métropolitain, compétent sur la protection de l’enfance, aurait dû prolonger une mise à l’abri « minimale » au gymnase et « n’a rien à redire à la répression policière de la solidarité ». Avant de lancer : « Comment alors se prétendre ‘Métropole accueillante’ ? »