L’air de rien, Enzo Paleni commence à faire partie des meubles. Dans quelques jours, le Picard – originaire de Savoie – lancera sa quatrième saison au sein de la WorldTeam Groupama-FDJ United, la sixième dans la structure hexagonale après avoir déjà passé deux ans dans la Conti au préalable. Alors qu’il avait mis un terme à sa saison 2025 en Chine, c’est encore une fois à l’autre bout du monde qu’il va lancer le prochain exercice, puisque Enzo Paleni va effectuer ses premiers tours de roue en compétition cette année en Australie. “J’avais déjà repris ici il y a deux ans. Le Tour Down Under est vraiment l’une des plus belles courses de la saison, l’ambiance y est vraiment sympa, il n’y a pas la même pression que sur les compétitions européennes”, considère-t-il depuis Adélaïde, auprès de DirectVelo.
UN PROBLÈME D’ASSISE SUR LA SELLE QUI L’A FREINÉ À L’ENTRAÎNEMENT
Le directeur sportif Jussi Veikkanen a lui-même concocté l’équipe qu’il allait emmener aux antipodes. “Il sait que j’avais bien aimé l’expérience et il m’a proposé d’y retourner. J’étais clairement partant”, s’amuse celui qui enchaînera ensuite avec l’UAE Tour, les Boucles Drôme-Ardèche et le Trophée Laigueglia, alors qu’il ne courra ensuite que très rarement en France, si ce n’est sans doute lors de Paris-Camembert et de la Route Adélie de Vitré.
Le séjour en Australie d’Enzo Paleni, avec l’enchaînement du Tour Down Under, de la Surf Coast Classic puis de la Mapei Cadel Evans Great Ocean RR ne devrait être qu’une mise en bouche et l’occasion de retrouver des sensations, alors qu’il a bien failli renoncer à son voyage dans le sud-est du pays-Continent. “Depuis deux semaines, je suis embêté, j’ai un problème d’assise sur la selle. Je suis loin d’être à 100%, j’ai dû lever le pied à l’entraînement et je me suis même demandé si j’allais faire le voyage car à un moment donné, je n’arrivais plus du tout à m’asseoir sur la selle”.
DANS L’INCONNU AVANT LA REPRISE
Il assure qu’une “solution provisoire” a été trouvée avant de pouvoir “régler le problème avec l’équipe” une fois de retour en France. Mais voilà qui le contraint donc à se montrer prudent et modeste sur ses ambitions pour la reprise. “Je ne sais pas si je serai capable de jouer, c’est le flou au niveau des sensations mais dans tous les cas, le plus important sera de bien bosser pour la suite et d’aider le collectif”. Autour du sprinteur néo-zélandais Lewis Bower et du grimpeur normand Guillaume Martin-Guyonnet.
Plus généralement, Enzo Paleni sait qu’il débute au Tour Down Under une année sans doute charnière pour la suite de sa carrière. “Je suis à la fin de mon deuxième contrat avec la WorldTeam. Je commence à avoir de l’expérience mais malgré tout, je reste jeune, rappelle le coureur de 23 ans. Je sens que je ne cesse de progresser, on le voit sur les données aussi. Cette année, je compte bien augmenter encore mon potentiel”.
SAISIR LES RARES OPPORTUNITÉS PERSONNELLES
Est-il prêt à se cantonner à un rôle d’équipier ou espère-t-il avoir sa carte ici et là ? “C’est à moi de prendre ma chance et de mettre en place des choses pour que ça fonctionne. Le staff ne va jamais annoncer au départ d’une course : « aujourd’hui c’est tout pour Enzo » car je n’ai pas un profil qui me permet de pouvoir aller gagner un sprint massif ou d’être le plus fort en haut d’une bosse. Mais c’est à moi de prendre des initiatives, d’aller de l’avant et de saisir les quelques opportunités qui pourraient se présenter”. Enzo Paleni assure que “l’équipe ne [lui a] pas donné d’objectifs clairs en termes de résultats” et qu’il s’agirait davantage d’une “satisfaction personnelle”.
“C’est important, pour garder un maximum d’envie dans le sport, de pouvoir aussi jouer sa carte de temps à autre. Mais je suis principalement équipier et je suis là pour accompagner mes leaders. Gagner des courses n’est pas mon travail”, conclut celui avait terminé 4e d’étape au Tour d’Italie il y a deux ans, le jour du succès d’étape de Benjamin Thomas, à Lucca. “Ce sont des occasions rares mais si une nouvelle se présente, j’espère répondre présent”. En attendant, il espère se rassurer sous le chaud soleil australien.