Jean-Jacques Goldman a tout vu, tout connu.
Dans le monde de la musique en France, du moins, et plus largement
du divertissement. Car, on l’oublie, mais c’est lui qui a
signé le célèbre hymne des Restos du cœur de Coluche en
1985. Soit un an avant la mort tragique de l’humoriste
engagé. Toutefois, le chanteur et le créateur de l’asso venant en
aide aux plus démunis, n’ont jamais été vraiment très proches. Et
cela même si Goldman s’est imposé naturellement comme le leader des
Enfoirés, la troupe des Restos, après la mort de
Coluche sur l’impulsion de sa veuve, Véronique
Colucci.
Jean-Jacques Goldman : chanteur ultime des années 80 en
France
C’est à partir du début des années 80 que Jean-Jacques Goldman
devient une star de la chanson française. Ses chansons
fédératrices, aux refrains aussi entêtants qu’efficaces, bousculent
l’industrie musicale. Le personnage aussi, puisqu’il n’y
en a pas. Le chanteur se veut vrai, sans artifice ni direction
artistique pompeuse.
D’une rare simplicité, celui-ci devient la nouvelle idole des
jeunes renvoyant au placard un Johnny Hallyday
essoré…
Ainsi, plus de 40 ans plus tard, Jean-Jacques Goldman
apparaît comme le chanteur français ultime des 80’s.
Devant les Patrick Bruel, Marc
Lavoine et consorts… Car la notoriété de l’interprète
d’Il suffira d’un signe n’a jamais faibli. Il s’est retiré
de la vie médiatique après un ultime album, Chansons pour les
pieds, en 2001. 25 ans que celui-ci qui est régulièrement la
personnalité préférée des Français n’a pas fait de disque.
Coluche fonde Les Resto du coeur un an avant sa mort
accidentelle
Goldman est un chanteur engagé. La preuve ? Il a composé le
célèbre hymne des Restos du cœur, association fondée par
Coluche un an avant sa mort accidentelle en moto.
La Chanson des Restos, comme d »autres œuvres de
l’artiste, est devenue un tube qui traverse les âges. En
plus d’un titre fédérateur qui interpelle encore aujourd’hui. Car,
si Coluche est décédé il y a 40 ans cette année, Les Restos, eux,
sont plus que jamais d’actualité.
Au départ, ce n’est pas Coluche qui fait appel à Goldman
pour la chanson. On lui suggère le nom du chanteur car
celui-ci est une véritable star, en plus d’une machine à tubes,
depuis une poignée d’années à l’époque. Ainsi, Michel
Colucci, de son vrai nom, demande à Jean-Jacques Goldman
de lui composer et d’écrire une chanson engagée. Une sorte d’appel,
en musique, rappelant celui de l’Abbé Pierre lors
du tristement célèbre Hiver 1954.
Jean-Jacques Goldman, ses rares
confidences sur le défunt Coluche
Forcément, la Goldman Touch opère directement. La
Chanson des restos, sortie quelques mois avant la mort de
Coluche, fait un tabac. Ses paroles sont simples mais
chocs, touchantes mais faciles à retenir. Un peu l’ADN de
tout le répertoire musical de Goldman, en somme. Une fois dans les
bacs, le single se vend à plus de 500 000
exemplaires. Coluche trouve ici son slogan pour Les
Restos. Goldman, lui, assoit définitivement sa stature de star.
Dans un documentaire consacré aux 40 ans des Restos du cœur,
Jean-Jacques Goldman lève le voile sur la genèse d’un tel morceau
et sur sa relation avec Coluche : “Je l’avais croisé mais je
peux pas dire que je le connaissais.” L’artiste renchérit avec
un brin de malice face caméra : “D’ailleurs, je ne sais pas si
je l’ai jamais connu. Coluche, quand il débarque dans une
loge et quand il parle, il a un pouvoir de conviction,
d’entraînement. C’était un chef, quoi.” Concernant
l’hymne des Restos, JJG affirme : “Donc, tu dis oui.” Un
peu plus tard, dans le même docu, il raconte comment Coluche lui a
fait un présent particulier avant de mourir : “Il m’a
téléphoné, un jour, il me dit : ‘Est-ce que t’es chez toi
?’ […] Une demi-heure après, il est là, avec une
housse de guitare. ‘Bah tiens, c’est un cadeau pour te
remercier pour La Chanson des Restos’ […]” C’est la
Gibson de Goldman, sur laquelle il a trop saigné,
qui a dû être jalouse d’une telle marque d’affection !