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Publié le 16/01/2026 23:25
Mis à jour le 16/01/2026 23:25
Temps de lecture : 3min – vidéo : 3min

« Le bout, on ne le voit jamais » : leur identité usurpée par des garages fantômes, les victimes de la fraude à l’immatriculation tentent de se faire entendre
(France 2)
3min
C’est une nouvelle fraude, qui a pris une ampleur nationale : connaissez-vous les garages fantômes ? Ils sont un véritable casse-tête pour les enquêteurs. Au coeur de ces arnaques, des milliers de conducteurs immatriculés dans de faux garages. Les escrocs échappent aux amendes en usurpant l’identité de leurs victimes.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Christian Derrey est un retraité paisible, à première vue. Mais à en croire les courriers qu’il reçoit chaque semaine, c’est un chauffard multirécidiviste. « Ce ne sont que des PV, des avis de contravention. Bon là, c’est assez gentil, 75 euros, 375. Beaucoup de stationnements ; Paris, Paris, Paris, couloirs de bus… », détaille-t-il. Il habite pourtant en Normandie et conduit occasionnellement. Mais il accumule les contraventions commises avec des voitures immatriculées à son nom.
À ce jour, l’administration lui réclame 175 000 euros. « Je ne m’attendais pas à ce que les gendarmes me disent, une semaine après, que j’ai 1 000 véhicules immatriculés. Je me réveille la nuit en me demandant ce qu’il va m’arriver demain, combien, quoi, comment ? », confie Christian.
Piégé dans le système des garages fantômes. Des escrocs usurpent l’identité de particuliers pour monter une fausse société de garages. Avec cette fausse société, ils ont accès au site officiel des autorités, appelé le CIV, qui permet d’immatriculer un véhicule. Ce faux garage vend ses services sur les réseaux sociaux. Pour 300 euros, il promet ainsi de passer sous les radars grâce à une fausse immatriculation. À chaque infraction, le suspect ne risque rien. L’amende revient à la personne dont l’identité a été usurpée.
Un fléau, selon le ministère de l’Intérieur, 250 000 véhicules frauduleusement immatriculés sont identifiés chaque année. Dans une fourrière de la banlieue lilloise, il en arrive ainsi une vingtaine chaque mois. « C’est un véhicule qu’on a enlevé justement parce qu’il appartenait à un garage fantôme. Ce véhicule aussi, c’est la même chose, il appartient à un garage fantôme », nous explique-t-on. Des voitures ayant servi à frauder le code de la route, mais aussi parfois le code pénal. « On peut aussi imaginer qu’effectivement un véhicule qui n’est pas tracé, qui ne peut être attaché à aucun propriétaire, soit beaucoup plus utile qu’un véhicule qui peut tracer et pointer du doigt quelqu’un pour d’éventuels trafics. »
Ces trafics sont imputés aux victimes de l’usurpation, comme Dina Monteiro, plusieurs fois convoquée par la police. « Il y a eu des braquages avec des voitures au nom de notre société. Il y a eu du trafic de stupéfiants, trafic de drogue. En fin de compte, on est partis dans un engrenage où finalement le bout, on ne le voit jamais », déplore-t-elle.
Son avocat pointe une défaillance générale du système d’habilitation des garages. « Vous avez effectivement un problème de contrôle au moment de la création de la société, ça c’est certain. Vous avez un problème de réaction de l’administration lorsqu’elle découvre la fraude pour réagir en masse face à des protocoles qui sont trop complexes », pointe Me Olivier Bonnefond, avocat – fondateur d’Assistance PV.
Le ministère de l’Intérieur promet d’annoncer prochainement un plan de lutte contre la fraude à l’immatriculation.
Question au ministère de l’Intérieur du 4 novembre 2025 sur les garages fantômes
Liste non exhaustive.