« Ce n’est pas normal car face à des morts violentes, cela devrait être une opération standard. Cela aurait dû être fait », a déclaré Me Jean-Luc Addor, qui représente la famille d’un adolescent. Son corps n’a été autopsié que très tardivement et après plusieurs demandes de sa famille.

Des inhumations retardées

« Certains ont été carbonisés, d’autres ont été asphyxiés par des vapeurs toxiques », a indiqué Me Addor. Dès le 4 janvier, l’avocat a demandé au ministère public du canton du Valais d’ordonner une autopsie du corps. L’inhumation étant prévue le 14 janvier, l’avocat a relancé le 12 janvier le ministère public alors que le corps avait déjà été « libéré ». Le ministère public a finalement ordonné l’autopsie, obligeant la famille à rendre le corps et à reporter ses obsèques. Il a finalement pu être inhumé ce vendredi.

En Suisse, les autopsies sont ordonnées par le ministère public.

L’ambassadeur d’Italie à Berne a également indiqué qu’aucune des six victimes italiennes n’avait été autopsiée en Suisse, a rapporté vendredi le quotidien suisse Neue Zürcher Zeitung (NZZ). En Italie, Me Alessandro Vaccaro, qui représente la famille d’une victime, a indiqué vendredi que « le parquet de Rome a demandé + la mise à disposition des corps + afin de pouvoir procéder à l’autopsie ».

Selon un rapport de la police italienne, écrit sur la base de la visite à Crans-Montana le 4 janvier de deux médecins légistes de la police scientifique italienne, «34 corps ont été retrouvés entassés au pied de l’escalier» qui reliait le sous-sol et le rez-de-chaussée du bar, «juste à côté du début de la rampe en bois, qui a été arrachée par le poids des corps». L’autorité judiciaire suisse «n’a pas ordonné la réalisation d’autopsies ou d’autres examens médico-légaux sur les corps» des Italiens décédés dans le drame, «et que les certificats de décès délivrés n’indiquent pas la cause du décès».

Enquête pour homicide par négligence

Ce drame a fait 40 morts, principalement des adolescents et jeunes adultes, et 116 blessés, dans cette station de ski réputée du canton du Valais. Le drame a été provoqué par des étincelles de bougies « fontaine » entrées en contact avec une mousse acoustique posée au plafond du sous-sol de l’établissement, selon les premiers éléments de l’enquête.

Une enquête a été ouverte pour homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence, à l’encontre du couple de Français propriétaires du bar.