l’essentiel
Face à l’interdiction de consommer une eau présentant un surplus de chlorates, les 34 communes du Syndicat intercommunal des eaux des coteaux du Touch (SIECT) doivent s’organiser. Exemple à Bérat.
« Il ne s’agit pas d’un risque sanitaire immédiat, mais d’un risque potentiel chez les jeunes enfants de moins de 14 kg, dans le cadre d’une exposition répétée et prolongée. » C’est le principal message destiné à rassurer, lancé depuis jeudi 15 janvier à leurs populations par 34 maires, dont les communes seraient touchées peu ou prou par une pollution de leur eau potable aux chlorates. En cause, des rejets dans la Garonne – et donc dans le canal de Saint-Martory relié au fleuve et qui vient alimenter l’usine d’eau du Fousseret- de chlorates dus à l’exploitation de l’entreprise Fibre Excellence de Saint-Gaudens. « Toute eau contient des chlorates. Là, c’est le dépassement du seuil normal qui est en cause. Mais on espère que tout va rentrer dans la normale », indique Paul-Marie Blanc, le maire de Bérat, l’une des 34 communes arrosées par le Syndicat intercommunal des eaux des coteaux du Touch (SIECT). On rappelle que l’eau est interdite à la consommation, pour les plus jeunes donc, jusqu’à mardi 20 janvier inclus.
3000 bouteilles distribuées
Si la nouvelle d’une pollution à l’eau n’a, dans un premier temps, pas manqué d’effrayer la population, l’organisation et la solidarité ont immédiatement été de mise. « Notre syndicat des eaux, mais aussi tous les maires concernés par cette restriction ont appelé et prévenu les familles ayant de très jeunes enfants, ainsi que les crèches et les écoles », souligne Paul-Marie Blanc. Lui-même s’est rendu dans les écoles de son village pour s’assurer que des bouteilles d’eau de substitution (souvent de la Cristalline, eau la moins chère) étaient sur les tables de la cantine scolaire. Tous les élèves, de la plus petite classe de maternelle, jusqu’à la Grande Section, ne boivent que de l’eau de bouteille, jusqu’à mardi, jour où l’Agence régionale de santé communiquera sur les nouvelles analyses effectuées sur les derniers prélèvements.
L’approvisionnement en eau a pu s’effectuer de manière satisfaisante, grâce à une belle chaîne de solidarité, sachant que des réserves existaient déjà dans les écoles ou les crèches. Et les villages les plus petits ou les plus retirés du secteur, comme Fustignac ou Polastron, ont pu eux aussi bénéficier de la ressource vitale. Il devrait en être de même tout au long du week-end où la distribution de packs d’eau va se poursuivre.
« À l’avenir, et pour pallier ce genre d’incident, l’idée serait de faire un maillage entre l’usine du Fousseret et celle de Cazères, pour secourir un secteur qui aurait besoin d’eau, tant en quantité qu’en qualité le cas échéant », précise Paul-Marie Blanc.