Par

Clément Mazella

Publié le

16 janv. 2026 à 13h37

Après deux défaites en phase de poules de Champions Cup et en danger pour la qualification, le Stade Toulousain traverse une période délicate. Thomas Ramos ne fuit pas les responsabilités. L’arrière international est conscient de la pression qui entoure le club, et affirme que ne pas se qualifier pour les huitièmes de finale serait « catastrophique ». Mais il appelle aussi à une réaction durable, bien au-delà du seul match face à Sale ce samedi 17 janvier 2026 (18h30).

Actu : Comment jugez-vous ces trous d’air que vous avez ces derniers temps, et que nous avons encore vus face aux Saracens ?

Thomas Ramos : La première des choses, ces trous d’air sont de notre responsabilité à nous les joueurs. Cela peut s’expliquer par un manque de stratégie à certains moments, un manque d’agressivité et de caractère à un autre. À la fin, nous avons été incapables de produire du jeu avec les conditions climatiques difficiles pour gagner ce match. Cela fait deux fois que ça nous arrive dans les mêmes conditions, et deux fois que nous tombons dans le piège et où nous manquons d’un petit sursaut. C’est dommageable pour la suite de la compétition.

Une confiance étiolée à Toulouse ?

Votre force de caractère ne s’est-elle pas étiolée ces derniers temps ?

T.R : Nous sommes toujours autant compétiteurs. Il y a eu deux revers, et la question est légitime. C’est dur tous les ans de se remettre en question, se remettre en danger… Il ne faut pas oublier que nous sommes un club particulièrement regardé, analysé, et qui donne envie d’être battu. Certains clubs jouent parfois leur match de l’année contre nous. Il n’y a qu’à voir les réactions des joueurs à la fin des matchs quand ils nous battent. Je n’ai pas de doute envers la compétitivité de l’équipe et l’envie de toujours regarder vers le haut.

Qu’est-ce qui fait que vous avez deux visages différents entre vos matchs à domicile et ceux à l’extérieur ?

T.R : Quand on voit comment les Saracens ou Glasgow ont célébré leur victoire contre nous… Cela laissait penser qu’ils avaient gagné la compétition, alors que ce n’est juste qu’un match contre Toulouse. Toutes les équipes veulent nous battre, et c’est légitime. Après, il y a une question autour de nous : qu’est-ce qu’on met de moins à l’extérieur qu’à la maison ? Toutes nos saisons passées se sont construites sur des victoires qui ont marqué les gens à l’extérieur. Pour l’instant, nous ne sommes pas assez consistants pour le faire. Je ne sais pas si on a besoin d’un déclic, mais on se doit d’être plus en alerte sur les équipes qui nous reçoivent. Car elles, elles y mettent tout.

Ugo Mola disait qu’on ne pouvait pas espérer des résultats différents en utilisant la même méthode et qu’il y avait eu des changements. Comment cela s’est-il traduit cette semaine ?

T.R : Cela a été une semaine courte donc nous n’avons pas eu le temps de tergiverser. Nous avons vite basculé sur Sale dont on ne parle pas assez. C’est une grosse équipe qui nous a souvent embêtés. Le format d’entraînement a changé, mais j’ai envie de vous dire que ce sont, nous, les joueurs, qui sont sur le terrain. Qu’est-ce que nous avons envie de faire dans cette compétition ? Personnellement, et collectivement, nous sommes motivés à ne pas vouloir regarder la fin de cette compétition à la télévision.

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Est-ce qu’en étant le Stade Toulousain, ce serait catastrophique de ne pas se qualifier ?

T.R : Oui !

Pouvez-vous développer ?

T.R : Nous sommes le Stade Toulousain, donc nous nous devons d’être compétitifs dans toutes les compétitions dans lesquelles on joue. Et puis, avec le groupe et les ambitions que nous avons, ce serait catastrophique de ne pas gagner samedi contre Sale. C’est évident.

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Comprenez-vous toutes ces questions autour de vous alors que deux défaites en poule, c’est arrivé plus d’une fois à des clubs français ?

T.R : Ces questions, nous nous les posons avant vous. Certains ont déjà revu le match sur leur téléphone dans le bus avant même de reprendre l’avion. Il ne faut pas penser que la défaite ne nous touche pas. Nous sommes tous très frustrés de la situation, et nous avons envie de rebondir. Attention, ce rebond ne passe pas que par le match de samedi. Il passera aussi par des semaines et mois avec une image différente.

Ne faut-il pas aussi une forme d’indulgence de la part de l’extérieur afin qu’il y ait ce rebond ?

T.R : Quand tu habitues les amateurs de rugby aux résultats que nous avons eus, et notre constance des dernières années, toutes les questions qui se posent après deux défaites interrogent. Mais je pense que quand cette génération s’arrêtera, les gens réaliseront ce qu’elle a réussi. Peut-être que certains s’en lassent aujourd’hui, mais demain ils diront peut-être « ah mince, ils ne sont plus là ». L’indulgence, nous ne la demandons pas. Nous, ce que nous voulons, c’est d’avoir une réaction, et qu’elle dure jusqu’à la fin de la saison.

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